Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer

Offert à la suite de mon stage réalisé à la Librairie Coiffard juste avant Noël, j’ai découvert ce roman de Sébastien Spitzer, journaliste indépendant pour TF1, M6 et Rolling Stones magazine, pendant les vacances de Noël. Si j’ai eu du mal à me plonger dedans pendant les premières pages, la suite m’a conquise et j’ai finalement adoré ce livre.

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L’Histoire se déroule en avril 1945, autrement dit à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je n’ai pas eu l’habitude de lire beaucoup de romans sur cette époque, j’étais donc curieuse de découvrir de quelle manière le sujet allait être traité.

Le récit est construit sur le dédoublement des points de vue : d’un côté, un regard depuis le front, où l’horreur bat son plein; d’un autre, un regard depuis le blockhaus. Les gentils et les méchants. Les civils et les Allemands. Cette double exposition m’a dérangée au départ. Je n’arrivais pas à comprendre le simple parallélisme entre ces deux voix, je ne voyais pas où cela allait nous amener.

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Finalement, ce qui me dérangeait est devenu terriblement addictif. Magda, la première dame du Reich, et Judah, fugitif, sont chacun leur tour au centre du récit. Judah a réussi à survivre à une tuerie de masse, un incendie volontaire dans une vieille ferme. Magda est devenue une grande dame mais cache un terrible secret.

Ces destins qui basculent vont tout doucement se lier par des lettres, découvertes par Judah, et qui vont être protégées et gardées par Fela puis par sa fille Ava, très jeune, beaucoup trop jeune pour vivre tout ce qu’elle a vécu. Ces lettres ont une importance capitale et vont nous tenir en haleine jusqu’au dénouement. Que cachent-elles ? Je vous laisse le découvrir.

« Et quand vient la défaite, les héros disparaissent, au profit des héros ennemis. Magda sait qu’il n’y a pas d’Histoire. Il n’y a que des victoires et des défaites, les récits des vainqueurs et l’oubli des vaincus. Memento mori. Tout passe. » page 165.

Si les descriptions de la guerre, de l’horreur et de la peur m’ont beaucoup touchée, j’ai particulièrement apprécié le style de Sébastien Spitzer. On y retrouve des phrases assez brutes, intenses, sans fioritures. C’est assez troublant car on arrive presque à trouver Magda attachante… Seulement, une fois que l’on prend conscience de cela, on s’en veut et on déteste cette femme sans cœur. L’auteur arrive à nous faire tourner en rond dans les sentiments et c’est ce qui a rendu cette lecture addictive.

Je vous conseille ce livre si vous êtes à la recherche d’émotions fortes, si vous voulez découvrir ou en apprendre plus sur cette période particulière… Bref, quelle que soit la raison, je pense que ce livre mérite le détour.

« L’image de la chute pour finir en beauté. Les rêves s’effondrent quand ils deviennent passionnants. Quand ils nous crochent, nous happent, sans prévenir. » page 17

 

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