Mes bonnes résolutions littéraires pour 2020

2019 aura été une sacrée année : fin des études, déménagement, nouvelle vie, nouveaux challenge, mais toujours les livres, les fictions, les histoires. Un peu moins certes, et c’est pour cela que j’ai décidé de prendre des bonnes résolutions pour 2020, retrouver ces habitudes de lectrice qui me permettaient de mieux m’organiser dans ma gloutonnerie littéraire.

2019 : ma première année non littéraire

Après 5 ans d’études de Lettres, me voici arrivée dans le milieu du management et de l’entreprise. Nouveau rythme, nouvelle ambiance, les livres de fiction se sont transformés en livre de gestion, de droit, de marketing… Les anglicismes ont remplacé la poésie et j’ai fini par ne plus avoir le temps de lire pour moi. Alors à chaque occasion, j’ai dévoré mes lectures en laissant de côté tous les réflexes littéraires que j’avais acquis pendant mes études.

Ce qui a changé

Mon carnet de lecture a pris la poussière. C’est bête et insignifiant, mais je ne l’emmène plus partout avec moi, je ne griffonne plus dedans et finalement… Je ne résume plus mes lectures. Je ne sais plus ce que j’ai lu cette année (du moins, plus autant qu’avant), et je trouve ça dommage. J’ai simplement perdu l’habitude, et ma manière de lire a elle aussi changé. Fini l’œil vif à l’affût de la phrase qui deviendra citation. Tellement de choses ont changé cette année, ma vie de lectrice en a pris un coup elle aussi mais cela va changer !

Et pour 2020 ?

Je vais acheter un carnet pour reprendre mon suivi de lecture : un petit cadeau de moi à moi pour retrouver le plaisir d’écrire et garder un souvenir de chacune des lectures qui m’accompagnera dans cette nouvelle année. Je vais organiser mon temps pour écrire régulièrement mes chroniques aussi, vous parler, échanger, animer le groupe du Reading Classics Challenge, ainsi que le compte Instagram dédié que j’ai créé pour partager aussi vos lectures… Tout est une question d’organisation, un peu comme pour trouver le temps pour lire.

ça vous dit qu’on en parle ?

Et vous, carnet de lecture ou tout dans la tête ? Lecture minutieuse ou 100% sans prise de tête ? Racontez-moi comment vous faites, comment vous lisez, peut-être que nous nous échangerons des conseils !

Cent millions d’années et un jour – Jean-Baptiste Andrea

Jean-Baptiste Andrea, je l’ai découvert avec son premier roman Ma Reine. Un récit touchant sur l’enfance particulière de Shell. Et puis j’ai eu la chance de le rencontrer une première fois lors de la présentation de la rentrée littéraire des éditions de l’Iconoclaste à Rennes. Nous avons discuté de longues minutes avant de l’entendre me dire qu’il avait lu ma chronique. Et puis il a présenté sa nouveauté. Entendre un auteur parler de son livre, c’est lui donner une dimension inédite, c’est un pied de nez aux analystes des textes qui disent plus tard « l’auteur a voulu dire… » sans même avoir entendu cet auteur en parler. Bref, c’était une chance inouïe et j’étais convaincue par l’histoire de Monsieur Andrea.

Le 6 juillet dernier, la librairie Coiffard où je travaille a fêté son Siècle. Pour l’occasion, plusieurs auteurs Folio se sont joints à la fête, dont Jean-Baptiste. L’occasion de reparler, plus longuement, de la littérature, de la nature, de la vie. Et de se retrouver en photo dans le magazine Lire ensemble (preuve en image!)

La dernière photo… C’est Jean-Baptiste et moi ! 🙂

Ce n’est que récemment que j’ai ouvert Cent millions d’années et un jour (le titre a changé d’ailleurs, avant c’était Sur le rebord du monde). Une histoire de fossile et de rêve d’enfant. Stan est paléontologue. Il s’embarque pour une expédition folle à la mort du concierge de son immeuble. Celui qui racontait des histoires aux enfants, notamment l’histoire du dragon, sur lequel il serait tombé en se perdant dans la montagne enfant. Une histoire a priori vraie. C’est lorsque l’appartement s’est vidé que Stan est tombé sur un os dans un carton. Et si le concierge disait vrai ?

Rythmé par les saisons, le récit de Stan vient mêler les souvenirs d’enfance et la recherche du squelette. On y retrouve la plume légère que j’avais déjà appréciée, et qui vient porter avec force le pouvoir des mots et la petite voix intérieure que l’on a tous en nous, celle de la petite fille ou du petit garçon que nous avons été. Il est aussi question de solitude, aussi bien physique lorsque les hommes sont au cœur de la montagne, que psychique, puisque – bien qu’entouré – Stan poursuit son rêve seul.

Gros coup de cœur pour cette histoire qui m’a rappelé mes rêves d’enfants, ceux où je me voyais parcourir le monde e exploratrice pour chercher des fossiles, où je m’exerçais dans le jardin de mes parents et où j’ai trouvé une ammonite, mais les souvenirs aussi, ceux où dans l’ennui j’ai imaginé mille et une chose, que je garde précieusement en moi. Ce roman de Jean-Baptiste Andrea est une affirmation de son écriture, pour ne pas dire consécration car je suis persuadée que la suite sera grandiose.

Retrouvez la superbe interview d’Amandine avec Jean-Baptiste sur son blog !

La chronique à la bourre – La Citadelle d’Eric Metzger

Tout est dans le titre : j’ai pris du retard dans la rédaction des chroniques. Non. Je devrais plutôt dire : j’ai perdu le rythme dans la rédaction des chroniques. La faute à la vie. Tout se bouscule en ce moment. Mais peu importe, là n’est pas le sujet. Face à ce retard grandissant, je me suis dit que j’avais quand même lu de belles choses depuis le 18 juillet… Pas tant en nombre, puisque je peux compter mes lectures de l’été (achevées) sur les doigts de ma main droite (ou la gauche, comme vous préférez), mais voilà, on est mi-septembre, et certaines de ces lectures sont encore bien imprimées dans ma tête et fourmillent au bout de mes doigts. Rien de mieux qu’une chronique à froid pour vous dire l’impact qu’ont eu ces lectures !

Je débute donc avec La Citadelle, d’Eric Metzger. Ce livre m’a permis de retrouver ce côté pétillant qui me manquait depuis quelques temps. Je l’ai lu d’une traîte, en ayant envie de connaître la suite, en comptant les heures qu’il me restait à attendre avant de pouvoir de nouveau tourner les pages. Mais alors, de quoi ça parle ? Je vous le résume en une phrase : c’est Le Rouge et le noir du XXIe siècle. C’est l’anti-héros que l’on côtoie tous les jours, celui assis dans le métro, celui qu patiente devant nous à la caisse du supermarché, celui qui va partir en vacances en Corse et se mêler à la beauté du paysage pour mieux découvrir ce que la vie lui réserve. C’est le classique 2.0 :

  • Le personnage principal porte un nom typique et ancien (Emile)
  • Il est à un moment important de sa vie
  • Contrairement aux héros balzaciens et flaubertiens, il ne va pas à Paris mais en part pour sa quête
  • Il a une sensibilité artistique et littéraire
  • Il témoigne de l’état de notre société et de notre rapport à celle-ci
  • Il est écrit avec une sorte de filtre romanesque qui est très plaisant
  • Il y a forcément un petit truc amoureux, mais ça, je vous laisse le découvrir !

Une lecture qui m’a énormément plu et qui trouve encore un écho deux mois plus tard ! J’espère que cette chronique vous aura donné envie de découvrir La Citadelle, et que ce roman arrivera à prolonger l’été encore un peu 😉

Mon désir le plus ardent de Pete Fromm

Plongé dans la nature et au plus proche de la rivière, on rencontre d’abord Maddy et Allie, deux grandes amies. Maddy est en couple avec Troy, Allie avec encore un autre garçon… Les deux amies font la connaissance de Dalton, et là c’est le coup le coup de foudre.

Mon désir le plus ardent, Pete Fromm, aux éditions Gallmeister, 9€20

Entre descentes de rapides et amour fusionnel, le jeune couple finit par se marier (cf la couverture ci-dessus) à leur manière. Le récit, construit de chapitres aux ellipses narratives importantes, avance au fil de l’eau. On s’attache, on grandit avec eux, on accueille la nouvelle brutale à notre manière mais surtout selon le point de vue de Maddy qui offre son point de vue tout au long du roman.

Cela ne les empêche pas pour autant de réaliser leurs rêves.

Avec beaucoup de naturel et de dérision, sans rentrer dans le pathos ou l’apitoiement, de ce texte résulte une ode à l’amour et à la vie qui ne se passe jamais comme prévu. Et puisqu’on s’attache, on rit, et on pleure…

Rencontre avec Claire et son podcast littéraire Pile

Il y a quelques temps, j’étais un peu coincée niveau lecture. J’ouvrais des bouquins et je les refermais quelques instants plus tard, sans réussir à me plonger dans l’histoire comme ça pouvait me le faire avant.

Et qui de mieux que les passionnés pour les écouter parler d’histoire ? Subjuguée par la voix de Claire, j’ai enchaîné ses podcasts et quelque chose s’est relancé. J’ai pris des notes, acheté certains livres dont elle parlait et puis je lui ai écrit. C’est pour la remercier et surtout pour que vous puissiez la connaître que je lui ai posé quelques questions !

Cette interview me permet de débuter une nouvelle rubrique que j’alimenterai à mon rythme, Ils font aussi le livre . J’espère que cela vous plaira !

On te connaît surtout sous le nom de Pile, le fameux podcast littéraire qui nous permet de trouver le bon livre au bon moment.

Ça me fait rire quand on m’appelle PILE ! Je me dis que c’est bon signe. Mais en vrai, je m’appelle Claire.

> Comment est née l’idée de Pile ?

PILE est né de l’envie de partager mes coups de cœur littéraires ! Mes amis, ma famille, mon entourage, me demandaient souvent des conseils de livres, et, plutôt que de me répéter à chaque fois, je trouvais ça sympa de rassembler toutes mes idées au même endroit !  J’ai beau adorer écrire, bizarrement, je n’avais pas envie de le faire à l’écrit. Je voulais être directement dans les oreilles des gens ! Comme quand je suis en face d’une copine…  Maintenant plus personne n’a besoin de me demander de conseils, il y a 27 épisodes qui répondent à ma place ! Et puis, avec PILE, l’autre point important pour moi, c’était d’associer des livres à des moments. Parce qu’on ne lit pas la même chose avant un mariage ou en plein chagrin amoureux ! Je ne voyais pas vraiment les journalistes ou les libraires faire ça, alors je me suis lancée !

> Qu’est-ce qui t’inspire les épisodes que tu proposes ?

Au début, c’était souvent le contexte dans lequel on me demandait des conseils : pour la plage, pour un voyage en train, pour un week-end à la campagne… Mais j’aime bien aussi travailler sur des thèmes plus insolites. Même un rendez-vous chez le gynécologue peut m’inspirer ! 

> L’épisode que tu rêves d’enregistrer ?

« Un livre quand on n’arrive plus à lire » ! Je pense que c’est ambitieux d’en chercher un qui fonctionnerait pour tout le monde, mais je suis en pleine quête !

> L’auteur que tu souhaiterais le plus interviewer?

J’ai tendance à croire en mes rêves, donc même les auteurs les plus inaccessibles, je me dis que peut-être,un jour, j’arriverais à les faire venir au micro de PILE… Celui qui sera difficile à interviewer en revanche, c’est Maupassant… 

> Tu ne le sais peut-être pas, mais depuis 2 ans j’organise le #ReadingClassicsChallenge… Pour toi, quel est LE classique à lire et relire ?

Antigone de Jean Anouilh ! Je l’ai relu encore l’été dernier et, à chaque fois, je lui trouve de nouvelles résonances, parfois plutôt politiques, d’autres familiales ou amoureuses… J’aime tout dans ce livre !

Merci Claire pour tes réponses et pour le temps que tu prends à nous parler de la littérature !

Pile, le podcast, à écouter ici, ici, et à découvrir un peu plus ici !

#ReadingClassicsChallenge2019 : le point mi-année

Nous sommes au mois de juin (déjà), et le #ReadingClassicsChallenge2019 est bien entamé ! J’ai été un peu moins active ces six premiers mois mais cela ne m’a pas empêché de faire de belles découvertes ! N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous avez lu vous aussi, et si vous êtes intéressés pour m’aider pour le challenge, rendez-vous à la fin de l’article 😉

Voici donc un petit point lecture du challenge :

  • Janvier : Victor Hugo/Françoise Sagan
    J’ai commencé l’année en ouvrant pour la première fois Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo et je suis tombée sous le charme de ce récit mélangeant les descriptions historiques et architecturales. J’ai découvert les personnages d’un de mes Disney préférés sous une plume impressionnante.
  • Février : Jack London/Virginia Woolf
    Ayant déjà lu Virginia Woolf (il s’agit d’ailleurs d’un de mes tous premiers post sur Instagram, il y a 2 ans déjà !), j’ai voulu découvrir Jack London avec un autre récit que le fameux Martin Eden. L’amour de la vie est un recueil de nouvelles mettant en scène l’Homme et la nature glaciale de l’Alaska. Je le relirai sans aucun doute !
  • Mars : Ernest Hemingway/Harper Lee
    En mars, j’ai voulu être ambitieuse et lire les deux auteurs du mois… Mais je n’ai pas eu le temps 😦
    Points positifs : 1) j’ai adoré Paris est une fête de Monsieur Hemingway. Quelle écriture ! Quelle force narrative !
    2) Le Harper Lee que j’ai acheté m’attend donc pour cet été !
  • Avril : Alexandre Dumas/George Sand
    Je ne vais pas mentir, Dumas est un auteur qui m’intimide un peu. J’ai pourtant entendu parler du #adopteundumas de @miragelivresque et je trouvais l’idée géniale mais je n’ai pas encore eu le courage de me lancer. Pour George Sand, j’ai lu quelques lettres de sa correspondance, Lettres d’une vie. ça n’a pas été un coup de foudre, peut-être justement parce qu’il s’agissait de lettres, mais je ne garde pas un souvenir flamboyant de ce mois d’avril.
  • Mai : le match Kafka/Margaret Atwood
    Bon, déjà, vous devez savoir que j’étais très triste de ne pas voir mon chouchou Barbey d’Aurévilly vainqueur du match (Voilà, c’est dit.). Kafka est un auteur que j’ai découvert pendant ma licence de lettres avec son texte Le Château (une lecture dont je garde un souvenir pénible et une frustration énorme…). Et je n’ai pas voulu lire Margaret Atwood pour le moment.
  • Juin : Boris Vian/Colette ?
    Je ne sais pas quel auteur choisir pour ce mois-ci… Un petit tour dans les rayons de la librairie pour feuilleter les livres, et je choisirai ainsi !

Petite baisse de régime en avril et en mai qui, je l’espère, va disparaître avec le mois de juin et une belle découverte littéraire !
Et vous, quel bilan dressez-vous de cette première partie de l’année ? Avez-vous eu des coups de cœur ?

P.S : vous êtes de plus en plus nombreux sur le groupe Facebook du #ReadingClassicsChallenge. Je n’ai pas forcément le temps de l’animer autant que je le souhaiterai… J’aimerai savoir si certains ou certaines d’entre vous seraient intéressés pour m’aider dans l’animation du groupe ? Si c’est le cas, laissez-moi un commentaire et nous pourrons en discuter !

Ca raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

Boum. Les oreilles qui tambourinent encore après le bruit constant au Salon du Livre, j’ouvre enfin ce livre. Je suis dans le train, je suis fatiguée, et je ne le sais pas encore mais ce livre va prolonger l’euphorie dans laquelle mon corps s’est plongé tout au long de ce weekend parisien.

Il y a l’amour déjà. L’amour fou, qui naît sans prévenir, qui bout violent, qui brûle et qui brûle encore.

Il y a la surprise de la mort, dès le départ, car personne n’en parle jamais de ça, comme si c’était tabou. A ce moment là j’ai su que ça ne pourrait qu’être plus fort.

Il y a les sentiments qu’on dit, sur lesquels Pauline Delabroy-Allard met des couleurs, des formes, et de la musique surtout. Schubert, je l’ai écouté pendant 2h, pendant les 2h de lecture sur les rails vers Nantes, je me suis laissée bercée par ce duo symphonique parfait : l’écriture et la musique.

Le cœur s’emballe plus d’une fois, on sourit, on ressent, on s’inquiète. On suit la narratrice et Sarah sans trop s’immiscer dans les détails de l’intimité, il y a les non-dits qu’on peut deviner.

Et puis il y a l’Italie, l’Italie que j’adore et qui me fait chavirer un peu plus lorsque je la retrouve dans des récits où l’amour prend place.

Il y a la chute, la perte de contrôle, parce que c’est l’amour aussi, pas toujours tout beau, pas toujours tout doux. Et si la mort s’en mêle, que devient-on ?

Une fin tonitruante, qui m’a laissée quelques jours dans l’incapacité de lire tant les mots de la fin m’ont écorchée.

Un gros coup de cœur pour ce livre, d’une intensité à vous ouvrir les yeux sur la beauté des petits gestes du quotidien.

Médée Chérie de Yasmine Chaadi

Une réécriture du mythe de Médée à travers la violence du silence.

Il part. Ou plutôt, il fuit. Comme ça, à l’aéroport, sans prévenir. Médée, elle, reste là, elle attend. Sans comprendre qu’elle ne doit plus attendre. Ses enfants la rejoignent, pour lui parler, lui expliquer. Adam, son fils, la prend dans ses bras. Adam qui fera tout pour ramener sa mère à la vie, la vraie vie.

Médée décide de louer une chambre d’hôtel, à l’aéroport. De ces chambres impersonnelles, elle se fondra dans le décor, aussi grisée que le papier peint. Elle y restera enfermée et perdra la notion du temps.

Quand elle décide de sortir de cette bulle, elle découvre une boule de pâte à modeler au pied de la porte. Il s’agit d’un écho, d’un rappel. Médée est sculptrice. Elle définit les corps, les émotions, se perd dans sa passion. Cette pâte à modeler, Adam espère qu’elle sera un électrochoc pour sa mère. Mais il n’en est rien.

Elle sort, retourne à l’aéroport, et rencontre une femme. Elle n’a rien. Elle aussi a perdu. Mais elle s’accroche. Une douce amitié se crée, petit à petit, aussi inattendue soit-elle, elle guide Médée vers la voie de l’acceptation. Une seconde fois, elle tombe sur une boule de pâte à modeler. Rouge. La colère sort, la boule de pâte vole dans la pièce. Et soudain…

Frappée par la puissance du non-dit, Yasmine Chaadi réussit à donner du sens à ce qui n’est plus, mais qui existe encore. L’incompréhension, la douleur, la perte, tout prend chair dans ce récit poétique où l’expression des maux est contenue dans le silence.

Ce texte sublime permet de (re)découvrir le mythe de Médée, et de se laisser porter par l’écriture de Yasmine Chaadi le temps d’un court récit.

Sous le soleil de mes cheveux blonds d’Agathe Ruga

Agathe, Agathe… Vous la connaissez forcément sous son pseudo @agathethebook sur Instagram. Vous savez, elle publie des chroniques passionnée sur ses lectures. Elle est reconnue coupable de nombreux craquages en librairie, nous sommes nombreux à pouvoir témoigner.

Agathe a écrit son premier roman, que j’ai lu – non, dévoré- et qui m’a touchée. Résolument moderne et sincère, on se plonge volontiers au cœur de l’amitié entre Brune et Brigitte. Une amitié à double tranchant. Car entre l’amour et la haine, on répète souvent qu’il n’y a qu’un pas. C’est ainsi que du jour au lendemain, Brigitte raye Brune de sa vie, sans explications, sans l’ombre d’une réponse. Enceinte, Brune fait des rêves dans lesquels apparaît Brigitte, Brigitte la mystérieuse, Brigitte la douce, Brigitte enceinte elle aussi. Ces rêves sont l’occasion de revenir en arrière, sur cette amitié explosive, et sur la naissance de l’être féminin à l’ère 2.0.

A chaud, j’ai publié ma chronique sur Instagram ; me voilà presqu’un mois plus tard, toujours hantée par ce texte, à devoir mettre plus de mots dessus. Agathe a réussi à porter son écriture au sein du paradoxe de la féminité : être exagérément, être dans le moule (la femme, la mère, la discrète) ; briller de son éclat ou se taire. Pour la jeune femme que je suis, ce questionnement autour de la féminité a un côté rassurant : enfin il y a des mots dessus, enfin nos générations n’ont plus à culpabiliser. Nous sommes, et ce n’est pas un mal. On peut vibrer intensément adolescente et s’épanouir dans la douceur plus tard. Ou l’inverse. Mais surtout, j’ai accueilli avec beaucoup d’émotion le thème des amitiés fanées, de celles qui couvrent d’un voile sombre votre cœur sans un bruit et que vous portez en vous secrètement. De celles dont vous essayez de vous détacher mais dont vous n’arrivez pas à faire le deuil. Là encore, Agathe, raconte, met des mots sur ce qu’on n’explique jamais à une jeune fille.

Si j’ai une fille, je lui dirai que certaines amitiés, aussi indestructibles soient elles à l’adolescence, peuvent faire mal à s’écrouler. Si j’ai une fille, je lui dirai que ce n’est pas grave, qu’elle s’en remettra, qu’elle réussira à être heureuse. Je lui ferai lire le livre d’Agathe, et comme moi, elle se sentira un peu moins seule, je l’espère.

Lire dans les transports

Petite, impossible de faire quoi que ce soit pendant les trajets en voiture ou en bus. Un rien me donnait la nausée. Les trajets étaient souvent longs… Mais depuis quelques temps, j’ai bravé ma crainte du mal des transports et j’ai osé ouvrir un livre dans le bus. Miracle, même pas une goûte de sueur, ni de boule dans le ventre.

Voici quelques conseils à tous les lecteurs qui aimeraient profiter de leur temps de trajet pour lire, lire et encore lire !

Comprendre le mal des transports

Avant toute chose, petit point scientifique sur le mal des transports. Eh oui, pour traiter un problème, rien de mieux que d’en comprendre l’origine !

L’oreille interne, située… dans l’oreille, regroupe l’organe de l’ouïe et celui qui assure l’équilibre. Le mal des transports correspond à la différence de perception entre votre équilibre (stabilité) et votre vision (paysage qui défile), deux informations contradictoires que votre cerveau transforme en sensation de nausée, sueurs, maux de tête… Tout ce qui caractérise un petit malaise. Le fait de lire, que ce soit sur son téléphone ou sur un livre, ajoute une dimension à traiter pour le cerveau et amplifie cette sensation de malaise.

Maintenant, le tout est de savoir si le mal des transports se manifeste uniquement lorsque vous essayez de lire ou tout le temps.

Le mal des transports… tout le temps

Vous faites partie de la team Vomito depuis toujours, et vous trouvez même que cela empire avec le temps ? Il existe des petits exercices pour travailler votre oreille interne. C’est grâce au sport que j’ai pu expérimenter ces petites choses, et que j’ai vu mon mal des transports diminuer (car il n’a pas encore tout à fait disparu). Dans le sport, et plus particulièrement en athlétisme, l’oreille interne est travaillée pour courir équilibré sans être étourdi, même les yeux fermés.
Dans un premier temps il suffit de se tenir droit dans un environnement où vous avez de l’espace, et de vous concentrer sur votre équilibre.
Une deuxième étape consiste à lever une jambe, pour se retrouver en équilibre sur l’autre. Vous allez voir, vous allez sentir que ça travaille dans les chevilles, et c’est tout à fait normal.
Une troisième étape est possible en fermant les yeux : vous risquez d’avoir l’impression de tomber dans le vide, pas de panique ! Vous pouvez garder la jambe au sol légèrement pliée, la tendre ajoute un niveau de difficulté.

Vous pouvez ensuite changer de jambe et trouver des variantes, en croisant les bras, en plaçant un petit coussin sous votre pied d’équilibre… Plus vous serez stable en toute circonstance, plus votre équilibre sera renforcé, et votre oreille interne parée pour vaincre le mal des transports. Diane Ducret avait raison, la meilleure façon de marcher (ou d’être un lecteur tout terrain) est celle du flamand rose 😉

Ces exercices peuvent être réalisés tous les jours, sur des séquences très courtes ! La régularité est la clé du progrès, mieux vaut s’exercer 5min tous les jours qu’une demie heure une fois par mois.

Attention, il ne s’agit pas d’une solution miracle ! Travailler son équilibre prend du temps et parfois… ça ne suffit pas. Je vous partage simplement ceci car c’est ce qui a fonctionné dans mon cas. Si vous êtes déjà très fort en équilibre et/ou que vous êtes quand même sujet au mal des transports, voici quelques autres petits conseils qui, je l’espère, vous aideront…

Le mal des transports quand on veut lire

Vous faites huit heures de route sans avoir un seul des symptômes évoqués précédemment ? Chapeau. Vous faites sûrement de nombreux envieux. Mais dès qu’il s’agit de sortir un livre, la première ligne vous donne le tournis et vous ouvrez la fenêtre le regard vitreux. Ne vous cachez pas, vous êtes nombreux aussi dans ce cas 😉

Là aussi, les exercices d’équilibre peuvent vous aider. Mais des détails peuvent vous permettre de lire, ne serait-ce que quelques minutes.

  • Lire sur une liseuse : c’est avec cet outil que je me suis rendue compte que j’étais capable d’enchaîner plus de 10 lignes sans me sentir mal ! L’adaptation de l’éclairage, de la taille de la police, et de tout autre élément de confort de lecture contribue au bien-être dans les transports. Pour ma part, cela m’a permis ensuite de faire la transition vers le livre papier.
  • Lire dans le sens qui vous convient (pour les trajets en bus/train): c’est peut-être bête, mais vous vous sentez certainement mieux dans le sens de la marche, d’autres dos à la route. D’autres encore seront peut-être bien perpendiculairement au trajet ! Le tout est d’être à l’écoute de son confort. Personnellement, je lis mieux en étant dos à la route.
  • Placer sa lecture hors champ de la route : placer sa lecture sur ses genoux et baisser la tête suffisamment pour ne pas voir le paysage défiler peut permettre de ne pas ressentir le mal des transports.
  • Se mettre à l’aise : avoir trop chaud dans les transports contribue à la sensation de mal-être qui peut survenir lors d’une lecture en bus par exemple. Découvrez-vous un peu, ouvrez votre manteau, dénouez votre écharpe/foulard, soyez à l’aise, surtout si votre trajet dure plus de 10m minutes !
  • Ne pas forcer : c’est pour moi le point le plus important ! Si vous vous forcez, et que vous vous sentez mal, vous allez associer la lecture dans les transports à un moment de mal-être et votre corps risque de réagir avec les symptômes du mal des transports à chaque fois. Il faut savoir s’écouter et accepter de ne pas lire tout le temps 😉

Tous ces petits conseils ne sont absolument pas universels et véridiques, c’est ce qui a fonctionné sur moi, grande malade dans les transports que j’étais et qui ne pouvait rien faire d’autre que de regarder la route. Aujourd’hui, je suis capable de lire dans le bus, en sens inverse de la marche, coté passager (mais pas encore à l’arrière de la voiture), en fonction des jours ! Eh oui, il y a des jours où ce n’est pas envisageable une seule seconde. Et alors ? J’écoute de la musique, je regarde dehors, et je profite encore plus de ma lecture le soir, bien stable dans mon canapé 😉

J’espère que vous ne vous attendiez pas à des solutions miracles et que ces quelques conseils vous donneront des voies pour vous sentir mieux en lisant dans les transports. Et si vous avez d’autres techniques, partagez-les en commentaire !