Conseils de lecture – mes coups de cœur 2019

2019 décline doucement, il est l’heure de commencer à faire son bilan, faire la liste des résolutions pour l’année à venir et ranger ses lectures de l’année dans la bibliothèque. L’occasion de revenir sur ces livres qui ont marqué mon année 2019 : des coups de cœur et des surprises que je vous conseille de glisser au pied du sapin pour Noël par exemple, ou pour faire passer un message pour l’année à venir…

Le classique intemporel

Ouvrez la fenêtre et regardez la vie telle qu’elle est : regardez les gens, imprégnez-vous de vos villes, de ces moments de vie, des histoires du quotidien. Ouvrez Aurélien d’Aragon et vivez au rythme de Paris dans les années 20. Une lecture sublime que j’ai savouré avec Le Club des Lecteurs, et qui est pour moi un gros coup de cœur littéraire.

La surprise de la rentrée (littéraire)

Cent millions d’années et un jour de Jean-Baptiste Andrea, pour ce voyage dans le temps et dans le froid et son écriture magique. J’y ai retrouvé mes rêves d’enfants, une histoire d’aventure personnelle de ce paléontologue du siècle dernier, à la recherche de sa grande découverte qui ferait de lui un scientifique inoubliable. C’est le titre que j’ai défendu cette année pour le Grand Prix des Blogueurs, et quand on voit la sélection, ça vous en dit long sur la qualité de l’histoire !

Celui que j’aurais aimé lire cette année

Le Chardonneret de Donna Tart est un des derniers livres que j’ai acheté à la librairie Coiffard à Nantes au cours de mon alternance. Il y est question d’art, de suspens, et c’est un gros pavé : autrement dit la recette parfaite pour un bon moment de lecture, et pourtant je n’ai jamais trouvé le temps pour me lancer…

Le symbolique

Les Fiancés de Manzoni est un texte majeur dans la littérature italienne. Souvent comparé au Roméo et Juliette de Shakespeare, j’ai profité de mon séjour au bord du lac de Côme cet été pour acheter ce roman et le découvrir dans le même décor que l’histoire. Au final : je n’ai lu que les 4 premières pages et je suis repartie de l’Italie… Fiancée ! Je finirai bien par lire ce livre un jour, en attendant j’aime l’idée de savoir que j’ai vécu ma propre histoire avec cette drôle de coïncidence et ce livre qui m’a profondément marquée.

Celui que j’ai prêté

Mon désir le plus ardent (coucou Iris 😉 ) de Pete Fromm. Conseillée par mes amies libraires, je me suis lancée dans cette histoire qui m’a littéralement touchée. Je n’ai pleuré que pour deux livres dans ma vie, et celui-ci en fait partie. Je vous laisse (re)découvrir la chronique de ce très beau roman !

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J’espère que cette liste vous inspirera ou vous donnera envie de découvrir ces histoires ! Je garde pour chaque moment de lecture passé un bon souvenir et je sais que je relirai certains titres à nouveau. Je vous prépare bientôt une sélection de mes coups de coeur BD de cette année, un genre que je lis moins mais que j’apprécie beaucoup, je suis preneuse de conseils et de recommandations d’ailleurs alors n’hésitez pas à me faire part de vos suggestions !

Avez-vous lu un de ces titres ? Qu’en avez-vous pensé ?

Reading Classics Challenge 2020 : c’est parti pour une troisième édition !

Après avoir recueilli vos réponses et fait le tirage au sort des auteurs et autrices pour 2020, j’ai le plaisir de vous présenter la sélection du #ReadingClassicsChallenge pour l’année à venir !

Avant toute chose, j’aimerai vous remercier pour votre implication et vos retours depuis 2 ans maintenant ! De cette envie de lire des classiques avec d’autres personnes, vous avez fait de ce challenge un vrai moment de partage, et j’adore lire vos retours de lectures, vos échanges, que ce soit sur instagram, vos blogs ou le groupe Facebook.

Comme promis, cette liste est inspirée de vos réponses ! Vous verrez, certains auteurs ou certaines autrices n’ont pas une bibliographie aussi longue que d’autres (je pense par exemple à Madame de Villeneuve ou Madeleine St-John), mais c’était pour répondre également à ceux qui souhaitaient avoir une lecture plus imposée avec un livre conseillé et faire une vraie lecture commune.

J’ai essayé de vous proposer également des auteurs et autrices que nous n’avions pas encore lu dans les éditions précédentes (et ce n’était pas si simple !). J’espère que cette liste vous plaira et vous fera découvrir de nouveaux horizons littéraires !

Et surtout, n’oubliez pas : si vous ne trouvez pas certains titres, commandez-les auprès de vos libraires préférés !

Rendez-vous dans quelques jours pour débuter cette nouvelle année 🙂 N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous pensez de cette liste, j’ai hâte d’avoir vos retours !

Mes bonnes résolutions littéraires pour 2020

2019 aura été une sacrée année : fin des études, déménagement, nouvelle vie, nouveaux challenge, mais toujours les livres, les fictions, les histoires. Un peu moins certes, et c’est pour cela que j’ai décidé de prendre des bonnes résolutions pour 2020, retrouver ces habitudes de lectrice qui me permettaient de mieux m’organiser dans ma gloutonnerie littéraire.

2019 : ma première année non littéraire

Après 5 ans d’études de Lettres, me voici arrivée dans le milieu du management et de l’entreprise. Nouveau rythme, nouvelle ambiance, les livres de fiction se sont transformés en livre de gestion, de droit, de marketing… Les anglicismes ont remplacé la poésie et j’ai fini par ne plus avoir le temps de lire pour moi. Alors à chaque occasion, j’ai dévoré mes lectures en laissant de côté tous les réflexes littéraires que j’avais acquis pendant mes études.

Ce qui a changé

Mon carnet de lecture a pris la poussière. C’est bête et insignifiant, mais je ne l’emmène plus partout avec moi, je ne griffonne plus dedans et finalement… Je ne résume plus mes lectures. Je ne sais plus ce que j’ai lu cette année (du moins, plus autant qu’avant), et je trouve ça dommage. J’ai simplement perdu l’habitude, et ma manière de lire a elle aussi changé. Fini l’œil vif à l’affût de la phrase qui deviendra citation. Tellement de choses ont changé cette année, ma vie de lectrice en a pris un coup elle aussi mais cela va changer !

Et pour 2020 ?

Je vais acheter un carnet pour reprendre mon suivi de lecture : un petit cadeau de moi à moi pour retrouver le plaisir d’écrire et garder un souvenir de chacune des lectures qui m’accompagnera dans cette nouvelle année. Je vais organiser mon temps pour écrire régulièrement mes chroniques aussi, vous parler, échanger, animer le groupe du Reading Classics Challenge, ainsi que le compte Instagram dédié que j’ai créé pour partager aussi vos lectures… Tout est une question d’organisation, un peu comme pour trouver le temps pour lire.

ça vous dit qu’on en parle ?

Et vous, carnet de lecture ou tout dans la tête ? Lecture minutieuse ou 100% sans prise de tête ? Racontez-moi comment vous faites, comment vous lisez, peut-être que nous nous échangerons des conseils !

Cent millions d’années et un jour – Jean-Baptiste Andrea

Jean-Baptiste Andrea, je l’ai découvert avec son premier roman Ma Reine. Un récit touchant sur l’enfance particulière de Shell. Et puis j’ai eu la chance de le rencontrer une première fois lors de la présentation de la rentrée littéraire des éditions de l’Iconoclaste à Rennes. Nous avons discuté de longues minutes avant de l’entendre me dire qu’il avait lu ma chronique. Et puis il a présenté sa nouveauté. Entendre un auteur parler de son livre, c’est lui donner une dimension inédite, c’est un pied de nez aux analystes des textes qui disent plus tard « l’auteur a voulu dire… » sans même avoir entendu cet auteur en parler. Bref, c’était une chance inouïe et j’étais convaincue par l’histoire de Monsieur Andrea.

Le 6 juillet dernier, la librairie Coiffard où je travaille a fêté son Siècle. Pour l’occasion, plusieurs auteurs Folio se sont joints à la fête, dont Jean-Baptiste. L’occasion de reparler, plus longuement, de la littérature, de la nature, de la vie. Et de se retrouver en photo dans le magazine Lire ensemble (preuve en image!)

La dernière photo… C’est Jean-Baptiste et moi ! 🙂

Ce n’est que récemment que j’ai ouvert Cent millions d’années et un jour (le titre a changé d’ailleurs, avant c’était Sur le rebord du monde). Une histoire de fossile et de rêve d’enfant. Stan est paléontologue. Il s’embarque pour une expédition folle à la mort du concierge de son immeuble. Celui qui racontait des histoires aux enfants, notamment l’histoire du dragon, sur lequel il serait tombé en se perdant dans la montagne enfant. Une histoire a priori vraie. C’est lorsque l’appartement s’est vidé que Stan est tombé sur un os dans un carton. Et si le concierge disait vrai ?

Rythmé par les saisons, le récit de Stan vient mêler les souvenirs d’enfance et la recherche du squelette. On y retrouve la plume légère que j’avais déjà appréciée, et qui vient porter avec force le pouvoir des mots et la petite voix intérieure que l’on a tous en nous, celle de la petite fille ou du petit garçon que nous avons été. Il est aussi question de solitude, aussi bien physique lorsque les hommes sont au cœur de la montagne, que psychique, puisque – bien qu’entouré – Stan poursuit son rêve seul.

Gros coup de cœur pour cette histoire qui m’a rappelé mes rêves d’enfants, ceux où je me voyais parcourir le monde e exploratrice pour chercher des fossiles, où je m’exerçais dans le jardin de mes parents et où j’ai trouvé une ammonite, mais les souvenirs aussi, ceux où dans l’ennui j’ai imaginé mille et une chose, que je garde précieusement en moi. Ce roman de Jean-Baptiste Andrea est une affirmation de son écriture, pour ne pas dire consécration car je suis persuadée que la suite sera grandiose.

Retrouvez la superbe interview d’Amandine avec Jean-Baptiste sur son blog !

La chronique à la bourre – La Citadelle d’Eric Metzger

Tout est dans le titre : j’ai pris du retard dans la rédaction des chroniques. Non. Je devrais plutôt dire : j’ai perdu le rythme dans la rédaction des chroniques. La faute à la vie. Tout se bouscule en ce moment. Mais peu importe, là n’est pas le sujet. Face à ce retard grandissant, je me suis dit que j’avais quand même lu de belles choses depuis le 18 juillet… Pas tant en nombre, puisque je peux compter mes lectures de l’été (achevées) sur les doigts de ma main droite (ou la gauche, comme vous préférez), mais voilà, on est mi-septembre, et certaines de ces lectures sont encore bien imprimées dans ma tête et fourmillent au bout de mes doigts. Rien de mieux qu’une chronique à froid pour vous dire l’impact qu’ont eu ces lectures !

Je débute donc avec La Citadelle, d’Eric Metzger. Ce livre m’a permis de retrouver ce côté pétillant qui me manquait depuis quelques temps. Je l’ai lu d’une traîte, en ayant envie de connaître la suite, en comptant les heures qu’il me restait à attendre avant de pouvoir de nouveau tourner les pages. Mais alors, de quoi ça parle ? Je vous le résume en une phrase : c’est Le Rouge et le noir du XXIe siècle. C’est l’anti-héros que l’on côtoie tous les jours, celui assis dans le métro, celui qu patiente devant nous à la caisse du supermarché, celui qui va partir en vacances en Corse et se mêler à la beauté du paysage pour mieux découvrir ce que la vie lui réserve. C’est le classique 2.0 :

  • Le personnage principal porte un nom typique et ancien (Emile)
  • Il est à un moment important de sa vie
  • Contrairement aux héros balzaciens et flaubertiens, il ne va pas à Paris mais en part pour sa quête
  • Il a une sensibilité artistique et littéraire
  • Il témoigne de l’état de notre société et de notre rapport à celle-ci
  • Il est écrit avec une sorte de filtre romanesque qui est très plaisant
  • Il y a forcément un petit truc amoureux, mais ça, je vous laisse le découvrir !

Une lecture qui m’a énormément plu et qui trouve encore un écho deux mois plus tard ! J’espère que cette chronique vous aura donné envie de découvrir La Citadelle, et que ce roman arrivera à prolonger l’été encore un peu 😉

Mon désir le plus ardent de Pete Fromm

Plongé dans la nature et au plus proche de la rivière, on rencontre d’abord Maddy et Allie, deux grandes amies. Maddy est en couple avec Troy, Allie avec encore un autre garçon… Les deux amies font la connaissance de Dalton, et là c’est le coup le coup de foudre.

Mon désir le plus ardent, Pete Fromm, aux éditions Gallmeister, 9€20

Entre descentes de rapides et amour fusionnel, le jeune couple finit par se marier (cf la couverture ci-dessus) à leur manière. Le récit, construit de chapitres aux ellipses narratives importantes, avance au fil de l’eau. On s’attache, on grandit avec eux, on accueille la nouvelle brutale à notre manière mais surtout selon le point de vue de Maddy qui offre son point de vue tout au long du roman.

Cela ne les empêche pas pour autant de réaliser leurs rêves.

Avec beaucoup de naturel et de dérision, sans rentrer dans le pathos ou l’apitoiement, de ce texte résulte une ode à l’amour et à la vie qui ne se passe jamais comme prévu. Et puisqu’on s’attache, on rit, et on pleure…

Rencontre avec Claire et son podcast littéraire Pile

Il y a quelques temps, j’étais un peu coincée niveau lecture. J’ouvrais des bouquins et je les refermais quelques instants plus tard, sans réussir à me plonger dans l’histoire comme ça pouvait me le faire avant.

Et qui de mieux que les passionnés pour les écouter parler d’histoire ? Subjuguée par la voix de Claire, j’ai enchaîné ses podcasts et quelque chose s’est relancé. J’ai pris des notes, acheté certains livres dont elle parlait et puis je lui ai écrit. C’est pour la remercier et surtout pour que vous puissiez la connaître que je lui ai posé quelques questions !

Cette interview me permet de débuter une nouvelle rubrique que j’alimenterai à mon rythme, Ils font aussi le livre . J’espère que cela vous plaira !

On te connaît surtout sous le nom de Pile, le fameux podcast littéraire qui nous permet de trouver le bon livre au bon moment.

Ça me fait rire quand on m’appelle PILE ! Je me dis que c’est bon signe. Mais en vrai, je m’appelle Claire.

> Comment est née l’idée de Pile ?

PILE est né de l’envie de partager mes coups de cœur littéraires ! Mes amis, ma famille, mon entourage, me demandaient souvent des conseils de livres, et, plutôt que de me répéter à chaque fois, je trouvais ça sympa de rassembler toutes mes idées au même endroit !  J’ai beau adorer écrire, bizarrement, je n’avais pas envie de le faire à l’écrit. Je voulais être directement dans les oreilles des gens ! Comme quand je suis en face d’une copine…  Maintenant plus personne n’a besoin de me demander de conseils, il y a 27 épisodes qui répondent à ma place ! Et puis, avec PILE, l’autre point important pour moi, c’était d’associer des livres à des moments. Parce qu’on ne lit pas la même chose avant un mariage ou en plein chagrin amoureux ! Je ne voyais pas vraiment les journalistes ou les libraires faire ça, alors je me suis lancée !

> Qu’est-ce qui t’inspire les épisodes que tu proposes ?

Au début, c’était souvent le contexte dans lequel on me demandait des conseils : pour la plage, pour un voyage en train, pour un week-end à la campagne… Mais j’aime bien aussi travailler sur des thèmes plus insolites. Même un rendez-vous chez le gynécologue peut m’inspirer ! 

> L’épisode que tu rêves d’enregistrer ?

« Un livre quand on n’arrive plus à lire » ! Je pense que c’est ambitieux d’en chercher un qui fonctionnerait pour tout le monde, mais je suis en pleine quête !

> L’auteur que tu souhaiterais le plus interviewer?

J’ai tendance à croire en mes rêves, donc même les auteurs les plus inaccessibles, je me dis que peut-être,un jour, j’arriverais à les faire venir au micro de PILE… Celui qui sera difficile à interviewer en revanche, c’est Maupassant… 

> Tu ne le sais peut-être pas, mais depuis 2 ans j’organise le #ReadingClassicsChallenge… Pour toi, quel est LE classique à lire et relire ?

Antigone de Jean Anouilh ! Je l’ai relu encore l’été dernier et, à chaque fois, je lui trouve de nouvelles résonances, parfois plutôt politiques, d’autres familiales ou amoureuses… J’aime tout dans ce livre !

Merci Claire pour tes réponses et pour le temps que tu prends à nous parler de la littérature !

Pile, le podcast, à écouter ici, ici, et à découvrir un peu plus ici !

#ReadingClassicsChallenge2019 : le point mi-année

Nous sommes au mois de juin (déjà), et le #ReadingClassicsChallenge2019 est bien entamé ! J’ai été un peu moins active ces six premiers mois mais cela ne m’a pas empêché de faire de belles découvertes ! N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous avez lu vous aussi, et si vous êtes intéressés pour m’aider pour le challenge, rendez-vous à la fin de l’article 😉

Voici donc un petit point lecture du challenge :

  • Janvier : Victor Hugo/Françoise Sagan
    J’ai commencé l’année en ouvrant pour la première fois Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo et je suis tombée sous le charme de ce récit mélangeant les descriptions historiques et architecturales. J’ai découvert les personnages d’un de mes Disney préférés sous une plume impressionnante.
  • Février : Jack London/Virginia Woolf
    Ayant déjà lu Virginia Woolf (il s’agit d’ailleurs d’un de mes tous premiers post sur Instagram, il y a 2 ans déjà !), j’ai voulu découvrir Jack London avec un autre récit que le fameux Martin Eden. L’amour de la vie est un recueil de nouvelles mettant en scène l’Homme et la nature glaciale de l’Alaska. Je le relirai sans aucun doute !
  • Mars : Ernest Hemingway/Harper Lee
    En mars, j’ai voulu être ambitieuse et lire les deux auteurs du mois… Mais je n’ai pas eu le temps 😦
    Points positifs : 1) j’ai adoré Paris est une fête de Monsieur Hemingway. Quelle écriture ! Quelle force narrative !
    2) Le Harper Lee que j’ai acheté m’attend donc pour cet été !
  • Avril : Alexandre Dumas/George Sand
    Je ne vais pas mentir, Dumas est un auteur qui m’intimide un peu. J’ai pourtant entendu parler du #adopteundumas de @miragelivresque et je trouvais l’idée géniale mais je n’ai pas encore eu le courage de me lancer. Pour George Sand, j’ai lu quelques lettres de sa correspondance, Lettres d’une vie. ça n’a pas été un coup de foudre, peut-être justement parce qu’il s’agissait de lettres, mais je ne garde pas un souvenir flamboyant de ce mois d’avril.
  • Mai : le match Kafka/Margaret Atwood
    Bon, déjà, vous devez savoir que j’étais très triste de ne pas voir mon chouchou Barbey d’Aurévilly vainqueur du match (Voilà, c’est dit.). Kafka est un auteur que j’ai découvert pendant ma licence de lettres avec son texte Le Château (une lecture dont je garde un souvenir pénible et une frustration énorme…). Et je n’ai pas voulu lire Margaret Atwood pour le moment.
  • Juin : Boris Vian/Colette ?
    Je ne sais pas quel auteur choisir pour ce mois-ci… Un petit tour dans les rayons de la librairie pour feuilleter les livres, et je choisirai ainsi !

Petite baisse de régime en avril et en mai qui, je l’espère, va disparaître avec le mois de juin et une belle découverte littéraire !
Et vous, quel bilan dressez-vous de cette première partie de l’année ? Avez-vous eu des coups de cœur ?

P.S : vous êtes de plus en plus nombreux sur le groupe Facebook du #ReadingClassicsChallenge. Je n’ai pas forcément le temps de l’animer autant que je le souhaiterai… J’aimerai savoir si certains ou certaines d’entre vous seraient intéressés pour m’aider dans l’animation du groupe ? Si c’est le cas, laissez-moi un commentaire et nous pourrons en discuter !

Ca raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

Boum. Les oreilles qui tambourinent encore après le bruit constant au Salon du Livre, j’ouvre enfin ce livre. Je suis dans le train, je suis fatiguée, et je ne le sais pas encore mais ce livre va prolonger l’euphorie dans laquelle mon corps s’est plongé tout au long de ce weekend parisien.

Il y a l’amour déjà. L’amour fou, qui naît sans prévenir, qui bout violent, qui brûle et qui brûle encore.

Il y a la surprise de la mort, dès le départ, car personne n’en parle jamais de ça, comme si c’était tabou. A ce moment là j’ai su que ça ne pourrait qu’être plus fort.

Il y a les sentiments qu’on dit, sur lesquels Pauline Delabroy-Allard met des couleurs, des formes, et de la musique surtout. Schubert, je l’ai écouté pendant 2h, pendant les 2h de lecture sur les rails vers Nantes, je me suis laissée bercée par ce duo symphonique parfait : l’écriture et la musique.

Le cœur s’emballe plus d’une fois, on sourit, on ressent, on s’inquiète. On suit la narratrice et Sarah sans trop s’immiscer dans les détails de l’intimité, il y a les non-dits qu’on peut deviner.

Et puis il y a l’Italie, l’Italie que j’adore et qui me fait chavirer un peu plus lorsque je la retrouve dans des récits où l’amour prend place.

Il y a la chute, la perte de contrôle, parce que c’est l’amour aussi, pas toujours tout beau, pas toujours tout doux. Et si la mort s’en mêle, que devient-on ?

Une fin tonitruante, qui m’a laissée quelques jours dans l’incapacité de lire tant les mots de la fin m’ont écorchée.

Un gros coup de cœur pour ce livre, d’une intensité à vous ouvrir les yeux sur la beauté des petits gestes du quotidien.

Médée Chérie de Yasmine Chaadi

Une réécriture du mythe de Médée à travers la violence du silence.

Il part. Ou plutôt, il fuit. Comme ça, à l’aéroport, sans prévenir. Médée, elle, reste là, elle attend. Sans comprendre qu’elle ne doit plus attendre. Ses enfants la rejoignent, pour lui parler, lui expliquer. Adam, son fils, la prend dans ses bras. Adam qui fera tout pour ramener sa mère à la vie, la vraie vie.

Médée décide de louer une chambre d’hôtel, à l’aéroport. De ces chambres impersonnelles, elle se fondra dans le décor, aussi grisée que le papier peint. Elle y restera enfermée et perdra la notion du temps.

Quand elle décide de sortir de cette bulle, elle découvre une boule de pâte à modeler au pied de la porte. Il s’agit d’un écho, d’un rappel. Médée est sculptrice. Elle définit les corps, les émotions, se perd dans sa passion. Cette pâte à modeler, Adam espère qu’elle sera un électrochoc pour sa mère. Mais il n’en est rien.

Elle sort, retourne à l’aéroport, et rencontre une femme. Elle n’a rien. Elle aussi a perdu. Mais elle s’accroche. Une douce amitié se crée, petit à petit, aussi inattendue soit-elle, elle guide Médée vers la voie de l’acceptation. Une seconde fois, elle tombe sur une boule de pâte à modeler. Rouge. La colère sort, la boule de pâte vole dans la pièce. Et soudain…

Frappée par la puissance du non-dit, Yasmine Chaadi réussit à donner du sens à ce qui n’est plus, mais qui existe encore. L’incompréhension, la douleur, la perte, tout prend chair dans ce récit poétique où l’expression des maux est contenue dans le silence.

Ce texte sublime permet de (re)découvrir le mythe de Médée, et de se laisser porter par l’écriture de Yasmine Chaadi le temps d’un court récit.