Ma reine de Jean-Baptiste Andrea

Premier roman sur une enfance pas comme les autres, Ma reine se lit comme un conte, avec une pointe de douceur et de naïveté, sans oublier la part plus obscure qui viendra vous pincer le cœur.

Dévoré en quelques heures, le récit de Jean-Baptiste Andrea met en scène Shell, un jeune garçon de 12 ans, qui vit avec ses parents dans leur station essence. Eloigné de tout, mais surtout des autres, le petit garçon ne va plus à l’école. Il prend la décision de partir « à la guerre », car il espère pouvoir ainsi devenir un héros aux yeux de ses parents, lui qui a subi les moqueries de ses anciens camarades. C’est là qu’on comprend que Shell a un monde bien à lui.

Dans sa fugue, il ne prend conscience du danger qu’à travers ce que pourrait penser sa mère. Animée par cette volonté de combattre, avec les images d’un enfant sur la guerre, il va rencontrer celle qu’il appellera sa reine. D’un commun accord, ils décident de se détester. C’est là que leur amitié prend forme. Ce qui s’apparente à un jeu devient la réalité de Shell. Elle est la reine du territoire, il doit respecter les règles s’il veut être protégé et être à l’abri de ceux qui le cherchent. Il s’accroche à cette fille pour éloigner de ses pensées la station-service, le regard des autres, sa solitude.

J’ai beaucoup aimé le thème de ce roman. L’auteur réussit, à mon sens, à nous faire entrer dans cet univers enfantin pour mieux nous piquer : par de petits détails, nos yeux d’adultes comprennent (je ne vous en dirai pas plus). Seule la fin est un peu trop brute. Portée par la narration, je suis restée un peu abasourdie par les dernières pages. Le rythme se casse et l’histoire s’arrête. Dommage !

Une lecture qui vous portera et qui vous restera en tête un petit moment !

Les frottements du cœur, un journal hospitalier pas comme les autres

Katia Ghanty est comédienne. Alors qu’elle est atteinte d’une grippe, son état ne fait qu’empirer jusqu’à devenir critique. C’est une amie qui la découvre inconsciente chez elle. C’est à ce moment précis que débute un long séjour à l’hôpital.

Sous la forme d’un carnet de bord, le récit de Katia Ghanty est sincère et vrai. Les moments d’espoir et ceux moins glamours sont racontés, je les ai trouvés rassurants : dans Grey’s Anatomy, on ne vous montre jamais ce moment précis où le patient doit faire ses besoins, dans le fameux « bassin ». En revanche, et pour mon plus grand plaisir, j’y ai retrouvé des moments de complicité avec la famille, jusqu’à créer des surnoms au personnel médical (pas de Docteur Mamour mais le Docteur Vélo). Avec justesse, les sensations sont décrites, les peurs et la fatigue aussi. L’éloignement de la réalité est, je crois, la chose qui a le plus marqué ma lecture : je ne m’étais jamais rendue compte du décalage qui pouvait se créer entre le patient et son entourage, mais surtout la souffrance que cela peut créer.

Avec humour et bienveillance, le témoignage de Katia Ghanty m’a fait relativiser sur un certain nombre de chose concernant le milieu médical. Mais surtout, elle m’a prouvé que la force mentale est plus importante que tout lorsque la maladie nous touche. J’ai un peu de mal à parler plus précisément de ce que le texte a éveillé en moi, mais je vous conseille de découvrir ce récit !

Philippe de la Genardière va faire des vagues avec Mare Nostrum

Mare Nostrum, c’est le nouveau roman de Philippe de la Genardière publié chez Actes Sud pour la rentrée littéraire d’hiver. La quatrième de couverture est assez mystérieuse, mais laissait présager un moment de lecture assez spectaculaire à travers la place laissée au décor maritime, à ce retour nécessaire au bord de mer pour ne pas se laisser abattre par la vie. Cher à mon cœur, l’océan est bien présent… au début. Avant qu’un tsunami débarque dans le texte.

C’est l’histoire d’Adelphe, la soixantaine, qui se retrouve dans un petit hôtel dans le sud de la France pour se ressourcer. Des descriptions à couper le souffle, avec une magie lyrique, voilà ce qui m’a enchantée dès les premières pages. On en apprend un peu plus sur son passé, sur les événements qui l’ont amené à se retrouver seul, ici. Et puis, dans son tourment, Adelphe atteint un point de non-retour. Voilà la première partie. Et dans la seconde, la vague a tout effacé, il n’y a plus la beauté du paysage et la poésie du passé. Il y a la dure réalité de l’hôpital psychiatrique et de la fracture mentale d’Adelphe.

Mare Nostrum de Philippe de la Genardière, aux éditions Actes Sud

Aux mots qui se mélangent, il subsiste l’écriture, magnifique. Le fond se perd totalement, à mon sens, mais là où l’écrivain réussi son tour de force, c’est dans l’impression baudelairienne : le laid est sublimé, et même si Adelphe rejette totalement la littérature dans cette période sombre, elle reste malgré lui, dans ses paroles.

Mais cette histoire ne se résume pas à la vie d’Adelphe : il y a une femme. Maïsha, la trentaine, travaille dans la même maison d’édition qu’Adelphe. Leur relation est particulière. La couleur de peau de Maïsha est au cœur d’un problème récurrent pour la femme, qui trouve sa source dans l’Histoire avec un grand H. Ce point m’a laissée un peu perplexe. Si je peux m’ouvrir à des sujets parfois loin de mes habitudes, j’ai eu du mal à vraiment comprendre la pertinence du lien entre l’histoire de Maïsha, son problème personnel (qui, je l’avoue, m’a fait sauter quelques pages car j’étais gênée) et le sujet lancé dans les premières pages. Alors quand la dernière partie change de narration, plaçant le lecteur dans la tête de Maïsha, j’ai sombré dans le tonneau de la vague. Ce n’est pas un style de narration que j’apprécie, car j’ai l’impression d’être forcée. Je n’ai pas ressenti de sympathie pour Maïsha, alors je n’ai pas aimé me retrouver dans sa tête. Là encore, des passages m’ont gênée, car je n’avais pas envie d’entrer dans l’intimité de cette femme. Malgré tout, l’écriture reste pour moi le point magistral de ce texte.

Cette chronique me permet de prendre conscience clairement de ce que j’ai pensé du texte. Après une bonne semaine de digestion, je peux dire que le livre de Philippe de la Genardière m’a troublée, renversée, bousculée, comme si j’étais prise au piège d’une vague, dans un tonneau. J’ai été profondément émue par la première partie, aveuglée par la beauté des mots, par le voyage vers la mer. Cet aveuglement, je l’ai ressenti encore, pendant la seconde partie, tiraillée entre la beauté du texte et l’effroi des conditions de l’hôpital psychiatrique. Et j’ai ouvert les yeux, face à Maïsha. J’ai ruminé, j’ai hésité. Mais ma lecture a fonctionné. Pour moi, ce texte est une réussite. Ce n’est pas grave de ne pas être d’accord, de tourner des pages plus rapidement, la littérature est là aussi pour faire réagir et ressentir. Et c’est ce qu’il s’est produit pour moi.

Un texte particulier, difficile parfois, que je conseille à ceux qui apprécient déjà la torture poétique et l’empreinte baudelairienne, ou à ceux qui veulent ressentir pleins de sentiments à la fois.

Encore merci à Actes Sud et à Pauline pour cette découverte !

Salutations révolutionnaires, ou la rencontre entre Carlos le terroriste et Sophie la journaliste

Je n’ai pas honte de le dire, j’avais très vaguement entendu parler de Carlos, non pas le chanteur mais le terroriste. Blague à part, lorsque Sophie Bonnet m’a contactée pour me proposer de découvrir son récit, je n’ai pas hésité. J’aime lorsqu’un texte peut m’apprendre des choses. Au-delà du récit sur Carlos, j’y ai retrouvé le milieu carcéral – introduit dans mon horizon de lecture par Guillaume Para en 2018 -, et ai appris combien certaines relations peuvent devenir nocives tant elles sont obsédantes.

Sophie Bonnet est journaliste et a réalisé de nombreux reportages. Dans Salutations révolutionnaires, elle revient sur sa volonté de rencontrer Carlos dans l’optique d’un documentaire. Il y a la prise de contact, surprenante, la rencontre, troublante, la récurrence voire la routine qui s’installe entre eux deux. Tout est ambivalent, à l’image de cet homme : l’humanité laisse place à l’obscurité lorsqu’il s’agit de revenir sur le passé. L’ego de ce révolutionnaire tâche la réalité, comme si la prison avait stoppé toute progression de la réalité, comme si dehors, on attendait Carlos, partout, tout le temps. Comment obtenir quelque chose de concluant d’un homme qui ne pense qu’à lui, à mille lieues du présent ?

Voilà tout la difficulté rencontrée par la journaliste : il y a d’un côté la conviction que peut-être une vérité parviendra à sortir, d’un autre, l’envie d’abandonner mais l’impossibilité d’agir. Il y a un véritable décalage entre l’homme en prison et les conséquences de ces actes et de la violence, qui impacte encore des familles des décennies plus tard.

J’ai été happée par ce récit. J’en ai appris un peu plus sur ce terroriste du XXe siècle, sur le milieu carcéral, et je crois que j’ai beaucoup apprécié l’écriture : elle pointe du doigt sans forcément juger, elle fait état de ce qui est, tel que c’est et sans détails inutiles.

A lire si vous voulez regarder un documentaire à travers les mots !

2018 – Rétrospective d’une année littéraire

Bonjour à tous !

Le chapitre de 2018 arrive à son terme, l’occasion pour moi de retracer les grandes lignes de cette année riche en découvertes littéraires et synonyme d’épanouissement personnel à tous les niveaux ! Mais je vais rester focalisée sur ce qui nous concerne et qui vous amène sûrement ici : la littérature.

Lectures à foison

Eh oui, cette année, j’ai lu plus d’une cinquantaine de livres. Je ne saurai vous dire le nombre précis, tout simplement car j’ai arrêté de les compter ! Je tenais un carnet de lecture à jour, dans lequel je prenais des notes au fil de mes lectures, je recopiais certains passages qui sont devenus des citations… Mais avec un changement de rythme en septembre, j’ai perdu le fil et je suis moins rigoureuse quant à la tenue de ce carnet. Et, sans mentir, ce n’est pas si grave ! Je vis mes lectures de la même manière.

Mes amis littéraires

Si on m’avait dit un jour que la littérature était prétexte à des rencontres amicales… au-delà des livres ! Bien entendu, je ne pourrai pas oublier certains personnages qui ont laissé une marque dans ma vie de lectrice (et peut-être même dans ma vie tout court). Mais surtout, 2018 a été une année de rencontres autour des livres : Inès (@bellesendormie), Solenn (@leclubdeslecteurs), Jenna (@jennaboulmedais), Agathe (@agathethebook), Charlotte (@loupbouquin), Aurore (@cetaitpourlire), pour n’en citer que quelques unes… J’espère que 2019 concrétisera ces amitiés littéraires, avec vous et avec vous tous aussi !

Une année entre contemporain et classique

Petit défi personnel que j’ai souhaité partager sur Instagram, le #ReadingClassicsChallenge2018 a été un beau moment de lecture. Je suis vraiment heureuse d’avoir eu vos retours, enthousiastes et positifs, sur ce challenge qui m’a poussée à lire plus de classiques tout au long de l’année. Si je ne devais en retenir qu’un, ce serait La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette, pour lequel j’ai eu un gros coup de cœur dès le début de l’année (retrouvez la chronique juste ici).

J’ai aussi lu beaucoup plus de littérature contemporaine. J’ai fait de très belles découvertes, j’ai dépassé mes horizons de lectures habituels, mais j’ai aussi abandonné des lectures sans pression, j’ai osé dire ce que je n’avais pas apprécié, pour mieux savoir les livres vers lesquels je voulais aller.

Tout cela a été possible grâce aux maisons d’éditions qui m’ont fait confiance, en me proposant de découvrir des titres, parfois en cohérence avec mes goûts, parfois très loin en apparence. J’en retiens une expérience superbe ! Alors merci à vous Folio, Stock, Actes Sud, Grasset, La Martinière, Zoé, Presses de la Cité, Massot, Livre de Poche, J’ai Lu… Et merci aussi aux auteurs avec lesquels j’ai pu échanger, vous avez exaucer à chaque fois un rêve de petite fille, celui de discuter avec les auteurs qui font ma vie de lectrice.

Et en 2019 ?

On continue ? Je vous l’avoue, 2018 a été une année très importante pour moi, avec la concrétisation de beaucoup de choses à tous les niveaux. C’est avec une pointe de nostalgie que je me prépare à dire au revoir à 2018, mais avec beaucoup de hâte que j’attends la nouvelle année. Pas de résolutions, mais plutôt des objectifs, car c’est ce qui me correspond le mieux !

Je vous souhaite de vous épanouir et d’être heureux, quelle que soit la manière, l’endroit, le moment, profitez-en !

A très bientôt,

Lilly

Husbands de Rebecca Lighieri

Vous souvenez-vous du roman Les Garçons de l’été, lu cette année (et chronique ici) ? J’ai resigné pour une ambiance sombre et glauque avec Husbands. Un thriller tourné vers le sud de la France, centré sur trois hommes avec lesquels nous allons vivre un été… hors du commun.

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Ces trois hommes ont une histoire personnelle houleuse avec les femmes. C’est d’ailleurs cette tempête relationnelle qui va faire plonger Laurent, Reynald et Farouk dans les profondeurs obscures du net et de ses forums sexuels douteux. Se libérer de leurs femmes, se venger, asseoir leur masculinité sur ce qui les entoure… 

Au début, j’ai détesté l’ambiance, ces hommes mesquins et machistes, leurs propos envers leurs femmes. Et puis, petit à petit, je me suis prise au jeu, et j’ai apprécié les détester ; c’est quelque chose de difficile à exprimer mais l’écriture est addictive : d’un côté on a envie de savoir la suite, d’un autre, on a hâte que tout soit terminé, tant l’ambiance est pesante. Je pense que j’étais dans les dispositions pour lire ce livre : j’avais besoin de quelque chose qui soit intense et pour lequel je n’avais pas forcément besoin de réfléchir. J’ai lu, tourné les pages, en étant pleinement dans l’histoire et j’ai adoré.

Petit point important : j’étais contente de pouvoir en discuter avec quelqu’un qui l’avait lu aussi, car il s’agit d’une histoire vraiment malsaine. Alors si vous lisez ce roman et que vous avez besoin d’en parler, n’hésitez pas à m’écrire !

J’ai lu des avis assez opposés sur Husbands, et je peux comprendre que cette ambiance ne fonctionne pas avec chaque lecteur.

Vous l’avez lu ?

Bloody Tales d’Edith Wharton

#ReadingClassicsChallenge2018 de novembre validé (de justesse) avec la nouvelle d’Edith Wharton que j’ai lue dans le recueil Bloody Tales, avec Lovecraft. J’ai choisi une édition bilingue de chez Folio pour m’entraîner à lire en anglais, avec, vous le savez peut-être, le texte en anglais et en français en face à face pour éviter de rester bloqué sur un mot et de comprendre la construction syntaxique.

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Outre l’aspect instructif de cette lecture en VO, j’ai trouvé un certain plaisir à lire une histoire sombre, qui m’a rappelé mes premières lectures fantastiques au collège. Vous l’avez sûrement compris maintenant, le genre de la nouvelle est l’un de ceux que je préfère et j’ai aimé retrouvé les éléments narratifs propres au genre : l’intensité, l’instantané, l’obscurité de plus en plus prenante au fil des mots… A tel point que mes rêves de la nuit suivante étaient clairement inspirés de ma lecture !

Une lecture rapide, prenante et agréable qui me permet de cocher la case de Novembre pour le Challenge !

Et vous, qu’avez-vous lu ?

Trucs et astuces : trouver du temps pour lire

Vous êtes nombreux à me demander comment j’arrive à lire malgré la vie quotidienne : les cours, le travail, le sport, la vie personnelle… On a tous un rythme différent, avec nos propres contraintes et nos routines. Parfois, il est compliqué de trouver du temps pour se poser, lire, se détendre. Dans cet article, je ne vais pas vous donner de solutions clés, tout simplement parce qu’il n’y en a pas. En revanche, je vais vous donner quelques astuces pour organiser son temps, parce qu’on a tous un petit peu !

Trucs et astuces _ organiser son temps pour lire

Pour les cœurs bien accrochés : la lecture dans les transports en commun

J’ai longtemps connu le mal de transport au moment de sortir mon livre, que ce soit dans la voiture, le bus, et même le tramway. Et puis un jour, j’ai retenté l’expérience… Avec la liseuse. Et là, miracle, 3h de route sans la sensation de l’estomac qui se tourne et le mal de tête qui va avec. Je ne sais pas si c’est la liseuse où le fait que j’ai augmenté mon temps de lecture à la même période, mais depuis, je peux lire raisonnablement dans les transports, et je profite de chacun de mes trajets pour aller à l’Université ou au travail pour avancer dans mes lectures.

Pour les accros au smartphone : on déconnecte pour lire !

Petite prise de conscience l’autre jour : j’étais sur mon téléphone par réflexe, alors que je pouvais tout aussi bien lire. Quelle perte de temps ! J’apprends à déconnecter un peu plus, même si, je n’ai pas honte de le dire, c’est difficile ! Le soir, je mets mon téléphone en mode silencieux, sans aucune notification, à tel point que je finis par l’oublier. Je sais aussi qu’il existe des applications qui permettent de se motiver (Tassa en parle souvent sur Instagram  mais je n’ai pas encore essayé), notamment en faisant pousser de la végétation dans notre téléphone pour chaque minute passée à ne pas regarder son téléphone! Peut-être que certains d’entre vous ont déjà testé et pourront attester (ou non) de son efficacité.

Accepter de prendre du temps : prioriser les choses

Alors non, ce n’est pas de la procrastination. Il ne s’agit pas de remettre à demain les choses pour pouvoir lire, mais plutôt de prendre conscience que l’on ne s’accorde pas (plus) assez de temps pour nous. Le bien-être est important et sa définition évolue en fonction de chacun. Pour me sentir bien, j’ai besoin d’avoir des temps calmes, de bien manger, de prendre le temps de lire. Pourtant, au quotidien, j’ai l’impression de ne pas y arriver: les entraînements, les cours, le travail, et les compétitions et examens qui reprennent, plus la vie quotidienne (l’entretien, les repas…). Je me suis rendue compte que je ne m’organisais pas bien pour favoriser le bien-être dans mon emploi du temps. Je m’obstinais à vouloir me coucher tôt quitte à mettre de côté quelques minutes de lecture. Mais je ne m’endormais pas immédiatement, contrairement aux soirs où je m’accordais 5 minutes de lecture. La clé, c’est d’être à l’écoute : le sport me l’a appris de nombreuses fois, le repos n’est pas une perte de temps, cela favorise la productivité et l’efficacité. Combien de fois vous a-t-on conseillé de bien dormir avant un examen, une journée importante ? Un esprit sain dans un corps sain ET reposé !

S’entraîner à lire sur de courtes durées permet de lire plus rapidement

En tant que lectrice passionnée, j’estime que chaque minute est bonne à prendre. Je sais, c’est frustrant, surtout lorsque les 3 minutes ne sont pas suffisantes pour lire un chapitre entier. Mais, vous vous en doutez, deux minutes, plus deux minutes, plus deux autres minutes, on arrive finalement par avancer dans sa lecture, et on se concentre pleinement pour lire. Je n’ai pas de données chiffrées ou scientifiques à vous fournir, mais pour l’avoir pratiqué, j’ai remarqué que ces petites séquences me permettaient de lire plus efficacement, plus concentrée et de profiter pleinement de ces moments. C’est une forme d’entraînement, qui nous habitue à lire mieux (désolée, ce discours est sûrement empreint de mon expérience sportive).

Je ne sais pas si cet article vous sera utile, mais j’avais envie de partager cela avec vous, et peut-être que vous, vous m’apprendrez de nouvelles techniques pour trouver le temps de lire !

Et si cet article n’était pas définitif ?

Si vous me donniez vos astuces pour qu’on les ajoute ici ?

Help Me ! Marianne Power s’approprie le développement personnel pour notre plus grand bonheur

Le développement personnel m’a toujours intrigué, je l’avoue. Comment un livre peut réussir à répondre aux attentes (résoudre les problèmes ?) de tout le monde, pour ne pas dire n’importe qui ? Peut-être avez-vous, vous aussi, des réticences ou des préjugés qui vous donnent une opinion assez péjorative du développement personnel ?

Je n’ai pas beaucoup de lectures dans ce genre à mon actif ; j’ai survolé il y a quelques années les Quatre accords toltèques (à condition qu’on le considère comme étant du développement personnel), et c’est tout. Lorsque j’ai reçu un extrait du livre de Marianne Power de la part des éditions Stock, je ne l’ai pas lu tout de suite, et ma curiosité m’a finalement emportée jusqu’à être frustrée de ne pas en avoir plus.

Je reste persuadée que certaines lectures résonne en nous lorsque le contexte est particulier. Par exemple, en ce moment, je n’arrive pas à me plonger pleinement dans Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde et pourtant, j’adore l’écriture, l’histoire… Ce n’est juste pas le bon moment. A contrario, le livre de Marianne Power tombait à pic, et pourtant je n’avais prévu de le lire tout de suite. Sortir du chemin qu’on s’est dessiné, cela ne fait pas de mal parfois (dans mon cas, je n’ai pas pris un énorme risque non plus). J’ai commencé à lire Help Me! alors que je traverse une période riche et intense professionnellement, que les entraînements et les compétitions se font plus nombreux, et que le temps pour lire diminue…

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Help Me! retrace la folle aventure de Marianne, qui à l’aube d’une nouvelle année, prend conscience qu’elle n’est pas si heureuse qu’elle le croit et décide d’appliquer pour de vrai les conseils de 12 livres de développement personnel. Sur le papier, un livre par mois pour une transformation en un an. En réalité… Cela ne se passera pas comme prévu. Des hauts, des bas, des prises de conscience douloureuses mais nécessaires, des proches qui encouragent, puis s’effacent, restent sceptiques face à ce challenge curieux et un poil égocentrique. Peu importe la route, tant que le résultat est atteint, me direz-vous sûrement. Et bien cela irait très bien à cette histoire.

Avec beaucoup d’humour, de dédramatisation et de franchise, Marianne Power met à mal les codes que nos sociétés imposent et auxquels est rattachée la définition du bonheur aujourd’hui. Plus mince, plus drôle, moins susceptible, plus parfaite… Des petits mots qui finalement nous empêchent de saisir l’instant présent. Elle cherche à résoudre différents types de « problèmes » de son quotidien : le stress, la routine, l’argent, l’amour, la paix… Sans filtre, elle décrit ses ressentis et nous me fait déculpabiliser de certaines pensées que l’on peut avoir parfois.

Alors je conclurai avec cette citation du Petit Prince « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux », je suis sûre que vous comprendrez mieux l’essence même de cette phrase après avoir lu, ri et réfléchi avec le livre de Marianne Power.

Encore merci à Valentine et aux éditions Stock de m’avoir sortie de ma zone de confort, j’ai passé un vrai bon moment de lecture !

L’Enfant-mouche de Philippe Pollet-Villard

Quelle chance j’ai eu de pouvoir me plonger dans ce roman fabuleux, aussi bien du point de vue du fond que de la forme…

Tout se passe sur fond de Seconde Guerre mondiale. Anne-Angèle est infirmière au Maroc, et doit rentrer en France suite à la mort de sa sœur qu’elle apprend grâce au courrier de celui qui l’employait. Mais voilà qu’un patient la mord, un patient atteint de la syphilis, qu’elle soignait sans être vraiment concentrée, pensant plutôt à sa sœur défunte. Elle décide d’ignorer cette morsure, se disant que tout ira bien. D’autre part, son arrivée à Paris va lui réserver d’autres surprises. Sa sœur devait accueillir Marie, une enfant placée dans un foyer, qu’elle disait être une cousine.

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L’enfant-Mouche, aux éditions J’ai Lu.

C’est cette enfant qui va être au cœur du roman. Une enfant qui va subir les secrets, les mensonges des adultes, et va devoir suivre cette fausse tante en zone occupée par les Allemands. Elle va aussi devoir aider Anne-Angèle à survivre à la syphilis qui ne cesse de prendre place et la tue petit à petit, tout en oubliant combien elle a faim. Une enfance pas comme les autres, loin de là.

La narration est au service de cette complexité, donnant presque à voir l’histoire, plus qu’à la lire. On perçoit nettement l’influence cinématographique sur le texte (Philippe Pollet-Villard est réalisateur) et c’est une des forces du roman. Une pointe d’humour parfois rappelle combien la vie peut être cynique et injuste, mais qu’il en est ainsi, qu’il faut vivre avec. Des passages plus durs également, qui m’ont personnellement brisé le cœur mais qui, comme pour l’emploi de l’humour, représente la vie dans son ensemble. C’est ce tout que j’ai apprécié, l’impression de suivre une vie avec ses hauts et ses bas, ses moments de violence et ses petits bonheurs malgré tout.

Un livre que j’ai adoré et que j’ai immédiatement prêté à ma mère, qui l’a bientôt terminé je crois (et qui m’a dit être « à fond dedans »!)

Après cette lecture, je pense que je vais me pencher sur les autres romans de Phillipe Pollet-Villard, que je remercie encore beaucoup pour ce livre!

Et vous, connaissez-vous les romans ou les films de Philippe Pollet-Villard ?

A bientôt !

Lilly