Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas

Comme troisième lecture pour le prix #RDE, j’ai choisi le livre de Chantal Thomas dont j’avais très peu entendu parler, Souvenirs de la marée basse. Ma ville de coeur étant sur le bord de mer, j’étais curieuse de découvrir l’ouvrage se cachant derrière ce titre assez mystérieux, avouons-le.

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Tout d’abord, remettons l’histoire dans son contexte avec le résumé :

« Nager. Nager pour fuir les contraintes, pour échapper aux vies imposées, aux destins réduits, aux disciplines. C’est ce qu’a sans doute ressenti Jackie toute sa vie, démarrée en 1919 et prolongée pendant presque un siècle dans une liberté secrète, obstinée, qui la fit jusqu’à la fin parcourir des kilomètres pour aller se baigner sur sa plage préférée, à Villefranche-sur-Mer. Entre-temps elle s’était mariée, avait quitté Lyon pour Arcachon, puis, devenue jeune veuve, avait échangé le cap Ferret contre le cap Ferrat, avec sa mer plus chaude, son grand été.

Qu’a-t-elle légué à sa fille Chantal ? Quelque chose d’indomptable, ou de discrètement insoumis, et cette intuition que la nage est l’occasion d’une absolue liberté, comme lorsque jeune fille, au début des années 30, venue à bicyclette depuis Viroflay où la famille s’était établie, Jackie avait, en toute désinvolture, enchaîné quelques longueurs dans le Grand Canal du château de Versailles sous l’œil ahuri des jardiniers. »


Malheureusement, je n’ai pas été conquise par ce livre. J’ai eu beaucoup de mal à accrocher, tout simplement. S’il s’agit d’un récit touchant et profond, on ne peut pas le nier, que l’auteur nous livre en parlant de sa mère, il ne s’y passe tout simplement rien. Alors je pense que ceux qui aiment les récits, l’évocation de souvenirs, l’intimité des gens, apprécieront ce livre. Mais pour ma part, cette lecture a été compliquée : les personnages  (ou personnes?) ne sont pas spécialement attachants, d’ailleurs Jackie, la mère de Chantal la narratrice, fait tout pour ne pas grandir. La mise en lumière de ce syndrome de Peter Pan dès le début du texte m’a dérangée car j’ai eu l’impression d’être abandonnée par le personnage central du récit de Chantal Thomas. Mais en y réfléchissant, cette sensation peut correspondre à ce qu’a ressenti Chantal elle-même en grandissant, en parallèle de Jackie, cette mère qui n’attend que d’aller nager.

Car la nage est le fil rouge de ce livre. La nage pour oublier, pour rythmer la vie, comme les vagues ; la nage qui s’oppose à tout le reste d’ailleurs, cette sensation de liberté infinie.

« La gaieté vient de la mer. Elle danse dans le mouvement des vagues. Elle se relance à leur agitation continuelle. Et même quand on ne sait pas nager, même pour qui, venu de la campagne, excursionne une journée à la mer, faire quelques pas dans l’eau, le bas du pantalon ou la jupe retroussée, rend joyeux. On s’accroche les uns aux autres, on trébuche, une vague vous asperge, on pousse des cris. On referme ses doigts sur l’eau, elle coule, s’enfuit. L’eau ne se possède pas. Et nous de même : lorsque nous entrons dans l’eau, nous ne nous possédons plus. » page 122

Et pourtant, j’ai donné toutes ces chances au livre : je l’ai emmené avec moi sur la plage, en bord de mer, alors qu’elle était encore basse. Le seul passage que j’ai aimé lire est celui qui évoque Lucile, l’amie de vacances de Chantal. J’ai aimé les imaginer dans leur monde rempli d’imaginaire, évoquer cette mystérieuse Princesse du Palais des Mers, courir et rire sur le sable le temps d’un été. Ce passage m’a rappelé combien petite j’ai passé des heures et des heures à rêver de cet univers des fonds marins, combien j’ai pu jouer sur ce terrain de jeu naturel qu’est le bord de mer.

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En fait, j’ai eu du mal à apprécier le livre car je me le représentais d’une autre manière de ce qu’il est vraiment. D’une part, je m’attendais à y découvrir la représentation de la femme sportive au début du XXe siècle, et il n’en fut rien, du moins que partiellement évoqué. D’autre part, je m’attendais à lire un roman, avec une action, des péripéties… En vérité, je pense qu’on pourrait dire qu’il s’agit d’un recueil de souvenirs, permettant d’évoquer Jackie et Chantal, laquelle s’est construite à partir du caractère et de la personnalité de sa mère tout au long de sa vie. J’ai été touchée par le témoignage d’une fille à sa mère, et par l’amour que celle-ci lui a porté jusqu’à la fin, et ce malgré la distance aussi bien physique que relationnelle. C’est pour ces raisons ambivalentes que je suis mitigée : j’ai apprécié le message mais moins la forme.

Quoi qu’il en soit, je vous conseille de lire ce livre. Il m’a permis de m’évader dans mes souvenirs au bord de mer, et m’a rappelé combien j’avais la chance d’avoir une mère aimante, proche, et attentionnée. C’est une belle poésie à l’amour maternel et au temps qui passe.

A très vite pour de nouvelles lectures !

Lilly

Bilan du mois d’Octobre

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Hello ! Comme le mois dernier, je fais un petit bilan de lecture du mois.

Ce mois-ci a été rythmé par des lectures essentiellement en lien avec le Prix du Roman des Etudiants ou bien les cours. Mais j’ai quand même réussi à lire quelques livres pour mon plaisir personnel !

De même, j’ai encore pas mal craqué ce mois-ci niveau achats. Mais, je me suis engagée à faire un #NoBuyChallenge pour Novembre, en espérant m’y tenir…

En Octobre, j’ai donc lu :

  • Un Certain M. Piekelny de François-Henri Désérable
  • Au coeur des ténèbres de Conrad
  • Point Cardinal de Léonor de Recondo
  • Le Cul de Judas de Lobo Antunes
  • Le Petit Prince d’Antoine de St-Exupéry
  • Le Vase d’or d’Hoffmann
    • Lecture en cours en non terminée : Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas

Soient 6 lectures et demi. Je suis très satisfaite car j’ai réussi à garder le rythme du mois précédent malgré les cours qui ont repris plus intensément.

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Concernant les achats/trouvailles, ce mois-ci m’a quelque peu ruinée ^^:

  • Un Certain M. Piekelny de François-Henri Désérable
  • Au coeur des ténèbres de Conrad
  • Le Cul de Judas de Lobo Antunes
  • L’Acacia de Claude Simon
  • Le Voyage de Ruth de Donald McCaig
  • L’Héritière des Anges de Florence Roche
  • Une Place à prendre de J. K. Rowling
  • Sous le même toit de Jojo Moyes

Oui je sais, c’est une sacrée liste… Mais j’en ai déjà lu trois, donc finalement, cela reste raisonnable (Est-on vraiment raisonnable lorsqu’il s’agit d’acheter des livres ..?).

Je ne sais pas si vous en avez lu de ces listes, mais n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire si vous voulez qu’on en discute, ça sera avec plaisir !

Et vous, quel bilan tirez-vous du mois d’Octobre ?

A très vite!

 

❂ Point Cardinal – Leonor de Recondo ❂

Hello !

Ce week-end, j’ai lu Point Cardinal de Leonor de Recondo. Cet ouvrage fait partie des 5 qui ont été sélectionnés pour le Prix #RDE. Sur mon instagram (@lillyandbooks) j’ai brièvement évoqué ce que j’ai pensé de ma lecture, mais je tenais absolument à rentrer un peu plus dans les détails, car cette histoire ne peut pas être simplement évoquée.

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L’auteure nous plonge dans le quotidien de Laurent, que l’on découvre sous son visage féminin, autrement dit Mathilda. Dès les premières pages, on sent le poids qui pèse sur les épaules de cette personne qui se déleste de son maquillage. On découvre petit à petit sa femme, Solange, et ses enfants, Claire et Thomas ; une famille ordinaire et idéale, en apparence.

Les apparences, justement, un thème central dans cette oeuvre : sommes-nous vraiment ce que l’on parait être ? Tout tourne autour de cette question, qui semble pourtant simple. Laurent se sent femme, Solange à l’air heureuse, Estelle, une collègue de Laurent semble être l’amie parfaite. Et pourtant…

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J’ai été très troublée pendant la lecture. Leonor de Recondo utilise avec justesse et délicatesse chacun des mots employés, et nous fait comprendre aussi bien l’envie d’être soi de Laurent, mais aussi la colère de sa femme et celle de ses enfants… On ne peut tout simplement pas choisir de camp, même si, pour moi, il est essentiel de se sentir à l’aise avec soi-même, que l’on soit homme ou femme.

J’ai admiré Laurent. Il possède une force de caractère, avec ses doutes et ses failles, mais ne flanche pas, sait qui il est. Et finalement, il est Lauren. Et on la voit naître vraiment. J’ai aussi été très émue par Solange. Je me suis identifiée plusieurs fois à elle, et j’ai été touchée par l’amour et la tendresse qu’elle porte à celui (ou celle) qui partage sa vie depuis toujours…

On ne tombe jamais dans le cliché, bien au contraire. Tout est écrit de manière à nous plonger dans un réel sûrement plus proche que ce que l’on peut penser. J’ai vraiment eu la sensation d’être plongée dans un quotidien, comme si l’on me racontait une anecdote, une histoire vraie. Tout cela participe à nous plonger dans un univers où les sentiments se mélangent et se bousculent, jusqu’à trouver le point sensible.

Je vous conseille ce très beau roman, une ode à l’identité, et à l’affirmation de soi. Soyons ce que nous voulons être !

 

Le Cul de Judas – Lobo Antunes

Hello!

Je viens de terminer ma deuxième lecture pour le cours sur « Expériences de l’Histoire, poétique de la mémoire ». Il s’agissait donc de Le Cul de Judas de Lobo Antunes.

Le résumé me laissait entrevoir un bon moment de lecture. Il est question d’un homme qui, un soir dans un bar, vient à parler à une femme de son histoire pendant la guerre en Angola. La quatrième de couverture mentionnait de l’humour et le questionnement des relations hommes/femmes. Le thème de la guerre commence à me plaire de plus en plus, du moins, j’arrive à mieux gérer ces sentiments très forts qui surgissent lorsque je lis toutes les horreurs et la souffrance dues aux guerres en général. (Dois-je mentionner qu’il s’agit du troisième livre que je lis en Octobre qui traite de la guerre ?)

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Je dois avouer qu’au départ j’ai eu du mal à me faire aux très longues phrases sans queue ni tête. Effectivement cela me faisait rire, mais à la longue, je n’y comprenais plus rien. Imaginez donc des phrases de type proustiennes avec des néologismes et des associations étranges (personnifications improbables, métaphores filées trop longuement, des animaux au caractère bizarre…). De même, les références sexuelles quasiment une page sur deux (des fois toutes les pages, des fois toutes les 10 pages) commençaient à me déranger, surtout que ces dernières étaient très brutes.

Autant dire que la première moitié du livre a été compliquée. Au fur et à mesure, les anecdotes sur la guerre sont devenues mieux expliquées (à mon goût). J’ai commencé à être vraiment touchée par ces événements, parfois anodins pour le narrateur mais absolument pas pour moi.Alors effectivement, les références au sexe sonnaient plutôt comme des appels au secours, des appels à la vie face à l’atrocité de la guerre. De même, les phrases interminables traduisaient une sorte de peur du silence, un silence à combler par chaque mot, par chaque image que le narrateur évoque au fil des pages. Au final, tout ce qui me dérangeait au départ a fini par me toucher et m’émouvoir. Je m’en suis presque voulue d’avoir été si dure dans mon jugement.

Je ne pense pas que j’aurai lu ce livre pour mon plaisir personnel mais je suis tout de même contente d’avoir pu découvrir cet auteur et cette histoire, troublante du début à la fin.

« Laissez-moi oublier en vous regardant bien ce que je n’arrive pas à oublier : la violence meurtrière sur la terre enceinte de l’Afrique, et prenez-moi dans vous quand du cercle de mes prunelles étonnées, tachées du désir de vous dont je suis fait maintenant, surgiront les orbites concaves de faim des enfants des villages noirs, suspendus aux barbelés, tendant vers vos seins blancs, dans le matin de Lisbonne, leurs boîtes en fer rouillées. » p. 186

Un Certain M. Piekelny – François-Henri Désérable

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Hello!

Aujourd’hui je viens vous parler du roman de François-Henri Désérable, paru en septembre aux éditions Gallimard: Un Certain M. Piekelny.

Le résumé :

« »Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.»

Pourquoi ce livre ?

 Même si ce livre me donnait envie depuis sa sortie, c’est à l’occasion du Prix du Roman des Etudiants que j’ai pu le lire. En effet, j’ai été sélectionnée pour devenir jurée du prix #RDE, organisé par France Culture et Télérama. Ce livre fait donc partie des 5 qui ont été retenus pour ce prix.

« Et c’est peut-être cela et rien de plus, être écrivain: fermer les yeux pour les garder grands ouverts, n’avoir ni Dieu ni maître et nulle autre servitude que la page à écrire, se soustraire au monde pour lui imposer sa propre illusion. » p.121

Une rencontre était organisée le 11 octobre à la Librairie Coiffard à Nantes avec l’auteur. Dès mon arrivée, j’ai été prévenue : « Cet homme va devenir un grand. Son roman est extraordinaire. ». Et effectivement, la rencontre a été incroyable.  Avec une voix posée et une élocution parfaitement maîtrisée, les anecdotes se sont succédées pendant une bonne heure. Parfois, il était difficile de discerner la citation du propos, comme si tout pouvait devenir une histoire. J’ai sauté sur l’occasion pour me procurer un exemplaire et le faire signer, pour discuter aussi avec cet ancien hockeyeur (tiens, voilà un bon exemple d’un sportif qui aime la littérature) qui est venu sur le tard à la littérature. Parfois, il suffit donc d’une rencontre pour que tout bascule.

C’est un peu ce qu’il m’est arrivé avec ce livre; un peu ce qui lui est arrivé avec Romain Gary et La Promesse de l’aube alors qu’il était au lycée. J’ai commencé ma lecture le lendemain matin, d’abord amusée par l’impression de continuer à entendre la voix de celui que j’avais rencontré la veille, puis fascinée par la justesse et la finesse de chacun des mots. Quelques références littéraires ou actuelles au détour d’une phrase, un brin d’humour mais surtout l’espoir, l’espoir de retrouver la trace de M. Piekelny. J’ai cru très fort à ces possibles retrouvailles, sans jamais douter de quoi que soit. J’ai projeté cette « petite souris » dans chacun des scénarios créés pour tenter de le rendre un peu plus vivant. J’ai ri, j’ai été émue par ces morceaux de passé, et puis j’ai commencé à avoir le cœur lourd de sentir le poids des pages diminuer au fur et à mesure. Cette histoire est tellement bien menée que je n’ai pas vu la journée passer.

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A peine 24h m’ont suffi pour dévorer ce chef-d’oeuvre. Je ne serais pas étonnée si dans quelques années ce livre vient à être étudié. Il a tout d’un classique: l’emploi détourné de la biographie au service d’une forme d’autobiographie, le devoir de mémoire pour la guerre 39-45, la frontière entre fiction et réel, la place de l’écrivain et de la littérature dans nos vies, et j’en passe…

A la librairie vous avez dit que vous écriviez pour espérer un jour être tutoyé par les plus grands auteurs de notre époque, en prenant l’exemple de Flaubert et de Maupassant en 1880. Soyez-en sûr, Monsieur Désérable, votre oeuvre sera saluée. J’en suis persuadée.

« Il ne faut pas avoir peur du bonheur, tu sais, c’est seulement un bon moment à passer. » p.175

J’espère que cela vous aura donné envie de lire ce roman. Si c’est déjà le cas, vous en avez pensé quoi ? Est-ce que vous avez adoré comme moi ?

A très vite !

Lilly

 

☁ Au cœur des ténèbres – Conrad ☁

Dans le cadre d’un de mes cours à l’université, je dois lire trois ouvrages se rapportant à la problématique « Expériences de l’Histoire, poétique de la mémoire ». Les trois ouvrages choisis sont :

  • Au cœur des ténèbres de Conrad
  • Le Cul de Judas de Lobo Antunes
  • LAcacia de Claude Simon

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Bien qu’il s’agisse d’un cours de préparation à l’agrégation, je ne compte pas passer ce concours. Le thème en revanche m’intéressait c’est pourquoi je me retrouve à vous parler de ce livre, mais dans une perspective autre que le lien au cours.

Il est vrai qu’il est parfois difficile de discerner les lectures « plaisirs » des lectures « obligatoires », mais depuis que je suis sur Bookstagram et que j’ai retrouvé le goût de la lecture, j’ai décidé de prendre chaque lecture scolaire pour une lecture plaisir. Le fait d’être contraint(e) par l’obligation de lire un ouvrage gâche souvent le plaisir de lire, et on laisse moins souvent de chance à l’ouvrage en question… Je sais en tout cas que je suis passée à côté de beaucoup de lecture juste parce que celles-ci étaient « obligatoires ». Bref, tout ça pour vous dire qu’il s’agit de ma première lecture « obligatoire-plaisir »!

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Au cœur des ténèbres est un ouvrage du XIXe siècle, mettant en scène un marin, le capitaine Marlow, qui nous raconte l’histoire de M. Kurtz. Par le biais de deux narrateurs, l’histoire évolue en suivant les contrées africaines, alors considérées comme le centre du monde. Le rapport à l’autre à cette époque était bien différent d’aujourd’hui : parfois quelques passages peuvent être choquants et racistes, ce qui n’était pas du tout considéré comme tel à l’époque. Mais justement, c’est par ce décalage que le récit puise sa force. Souvent je me suis demandée comment on pouvait penser certaines choses de l’autre sans même le connaître, aussi bien en tant qu’individu qu’en tant que communauté. Je me suis aussi questionnée quant au choix du point de vue pour raconter le récit: le premier narrateur parle très peu, à tel point qu’on l’oublie; Marlow est en grande partie passif dans son histoire. Il parle, évoque ses souvenirs, ses interrogations. Souvent, il se trouve allongé ou assis, il ne va pas à l’information, c’est le récit qui vient à lui. Le meilleur exemple est celui où il dort à moitié sur le bâteau et perçoit des bribes d’une conversation a priori compromettante. Plutôt que de se lever et de se rapprocher discrètement pour en savoir plus, il reste allongé, se réveille à moitié, semble indifférent au fait de ne pas percevoir la conversation dans son ensemble…

Est-ce que cette passivité est représentative de la relation à l’autre ? Est-ce qu’on laissait couler les réflexions et la violence à l’égard des communauté étrangères et, ici, africaines?

Finalement, l’ambiance est assez sombre tout au long du récit; je ne sais pas comment expliquer cette impression mais il ne me reste aucune image lumineuse de cet ouvrage. Même le soleil levant ou couchant me laisse une lumière rouge-orangée agressive. Je reste intriguée quant à cette lecture, qui pour de bon m’a plongée Au cœur des ténèbres

Ψ Percy Jackson – Le Voleur de foudre de Rick Riordan Ψ

Est-il vraiment nécessaire de faire une chronique pour vous parler de Percy Jackson ? Pas nécessairement, mais j’avais envie de partager mon point de vue pour cet univers fascinant !

Tout d’abord, je dois préciser que je n’avais jamais osé lire Percy Jackson pour la simple et bonne raison que j’en avais surtout entendu parlé pour les films !

C’est mon petit frère, qui a 10 ans, qui m’a montré ses livres et convaincue d’essayer de les lire. Bon, Marie en est aussi pour quelque chose, alors je me suis dit que ça valait peut-être le coup.

J’ai trouvé le premier tome en grand format pour 3€ dans une brocante, en très très bon état!

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J’étais un peu sceptique au départ lorsque j’ai vu l’âge des personnages : Percy a onze ans et est au collège (une époque très lointaine pour moi…). Finalement, j’ai vite oublié ce détail grâce aux événements qui viennent perturber la vie de ce jeune garçon! J’ai été émue, j’ai ri, j’ai eu peur et j’ai ressenti de la colère face aux monstres… Bref, j’ai vécu l’histoire pleinement et c’est grâce à l’écriture de Rick Riordan. Pas trop lourd, pas trop bref; un juste milieu équilibré qui mélange avec finesse le sérieux des événements et l’humour de Percy.

 

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Je ne pense pas me plonger immédiatement dans la série car j’ai des lectures pour la fac qui sont pour le moment prioritaires. J’espère trouver les autres volumes en occasion dans ma bouquinerie préférée pour pouvoir les lire quand j’aurai du temps. Mon seul regret concernant ce livre, c’est de ne pas avoir pu le lire plus tôt: cela aurait sans aucun doute changé mon point de vue sur la mythologie et je pense que je me serais sentie plus proche des personnages.

Avez-vous tous lu Percy Jackson ou bien étais-je la seule en retard ? ^^

 

N’hésitez pas à me laisser un petit mot pour me dire ce que vous avez pensé de cet univers et de cette lecture !

A très vite

Lilly

🍁 Bilan du mois de Septembre 🍁

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Hello !

Aujourd’hui pas de chronique, mais un petit bilan du mois de Septembre. Etant donné que je fais déjà des bilans chaque mois dans mon carnet de lecture, pourquoi ne pas les partager ici avec vous et en discuter ?

Ce mois-ci, je m’étais prévue une petite PAL en prévision de la reprise des cours et d’un rythme un peu plus intensif que pendant les vacances. Au final, j’ai lu le nombre de livres prévus mais pas les mêmes titres ^^ En effet, j’ai effectué quelques changements dans ma PAL, mais je ne le regrette pas du tout!

J’ai donc lu :

  • Mourir sur Seine de Michel Bussi (dont vous pouvez retrouver la chronique ici)
  • Londres, la nuit de Charles Dickens (c’était une relecture, c’est pour ça que je n’ai relu uniquement que certains passages)
  • Harry Potter à l’école des sorciers de J.K. Rowling
  • Percy Jackson, le voleur de foudre de Rick Riordan

J’ai beaucoup apprécié ces lectures et relectures. Michel Bussi a été une bonne découverte pour moi qui ne lisais pas de roman policier. J’ai été conquise par le décor rouennais et l’écriture de l’auteur. J’ai d’ailleurs prévu de lire d’autres de ses romans prochainement !

Relire Harry Potter plus de 10 ans après était une mission pleine d’appréhension. J’avais peur de ne pas autant adorer qu’à l’époque, où je n’avais que 11 ans. Et finalement, je me suis laissée porter dans l’univers magique de J.K Rowling une fois de plus et j’ai dévoré le premier tome aussi vite que la première fois. Je pense relire les tomes suivants à chaque vacances, si mes études me le permettent 🙏

J’ai lu Percy Jackson grâce à mon petit frère et à Marie de Muffins & Books ♥ (son blog ici) qui n’arrêtaient pas tous deux de parler de l’univers fantastique de ce héros ayant la particularité d’être le fils actuel de Poséidon lui-même. Je dois avouer que je n’ai pas encore tout à fait terminé la lecture mais ça ne saurait tarder. En revanche, je peux vous dire que j’ai beaucoup apprécié la manière dont la mythologie grecque est traitée. Si j’avais eu la chance de pouvoir le lire plus jeune, je pense que j’aurai d’autant plus aimé m’informer sur la mythologie.

Je ne m’attarderai pas sur Londres, la nuit de Dickens. Je l’avais lu pour ma première année de Licence et j’avais tout simplement envie de le relire, dans un cadre extra-scolaire.

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Concernant mes achats, je suis plutôt satisfaite car elles proviennent presque toute de brocante ou de bouquineries d’occasions (mon budget aussi était satisfait 😉):

  • Après toi de Jojo Moyes (grosse boulette que je suis, je me suis rendue compte après coup que je n’avais pas en ma possession le premier tome, Avant toi…🙈)
  • En roue libre de Lisa Owens
  • Percy Jackson, le voleur de foudre de Rick Riordan
  • Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry
  • Folle de lui ! Le Journal de Bridget Jones de Helen Fielding

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Qui dit fin du mois dit début d’un autre ! Et pour octobre ?

Je ne me fixe pas de réel objectif de lecture, juste continuer de lire pour le plaisir ! Je vais aussi essayer d’acheter un peu moins de livres (mais ça, je ne le promets pas!).

Et vous, quel est votre bilan lecture du mois de septembre ? Avez-vous prévu une PAL pour octobre ?

 

A très vite !

Mourir sur Seine de Michel Bussi

Ma note : ♥♥♥♥/5

L’Armada de Rouen de 2008 se voit le théâtre d’un crime surprenant. En effet, un marin est retrouvé poignardé juste à côté de son bâteau, alors que quelques jours auparavant, ce dernier plongeait du haut du mât pour le plus grand plaisir des visiteurs de la manifestation. Ici est présentée l’intrigue principale du roman, dans lequel vont évoluer parallèlement dans un premier temps une journaliste, Maline Abruzze, et une équipe policière, composée du commissaire Paturel, d’Ovide Stepanu et de Colette Cardinot. Au fur et à mesure vont se greffer de nouveaux personnages, que l’on suspecte chacun leur tour. A ce meurtre s’en ajoutent d’autres, compliquant la tâche des enquêteurs et perturbant l’ambiance festive de l’Armada.

 

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Si les personnages se veulent attachants, Maline Abruzze était quelque peu agaçante; et ce, non pas parce qu’elle possède un temps d’avance durant toute l’enquête, mais à cause de sa personnalité, mélange raté d’une Bridget Jones à la française qui essaye justement de s’éloigner du cliché de la célibataire trentenaire. Si les cent premières pages sont très longues (après tout, peut-être comme dans les véritables enquêtes policières?), toute la suite s’enchaîne d’une main de maître, si bien que j’en ai eu le souffle coupé lorsque j’ai découvert le meurtrier. J’ai adoré la description de Rouen et de la Seine, qu’on ne connaît généralement que grâce à la capitale, et le thème de la mer sous toutes ces formes, aussi bien dans l’Histoire que dans l’actualité. En somme, un très bon roman policier, qui donne envie d’en lire d’autre du même auteur !

Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sije

 

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Ma note : ♥♥♥♥/5

Balzac et la petite tailleuse chinoise, un titre qui fait s’interroger par l’association surprenante de deux figures a priori opposées. Et pourtant, il s’agit bien là d’un couple, du couple du livre, autour duquel gravitent sans le savoir Luo et le narrateur. Ces derniers subissent la dictature de Mao, et sont au cœur de la rééducation: envoyés dans des villages perdus dans la campagne chinoise, ils doivent apprendre le travail agricole et se voient privés d’une éducation scolaire habituelle. Luo est considéré comme un conteur, il adore raconter des histoires et adore aussi jouer de son rôle. Pour autant c’est le narrateur qui raconte le mieux les histoires, à en juger par le livre qu’il raconte seul, contrairement à Luo qui devient de plus en plus crâneur. Dès le début du livre, on sent que cela lui donne un plus fort impact sur l’histoire. Lorsque les deux amis rencontrent la petite tailleuse, forcément la plus belle fille que les garçons connaissent, tous deux en tombent amoureux ; mais c’est Luo qui se verra être l’heureux élu d’une idylle naissante, comme on pouvait s’en douter.

Luo et le narrateur rencontrent aussi un de leurs amis dans un village voisin. Ce dernier leur échange un livre (alors interdit à cette époque-là) contre un service rendu. Commence alors un enchaînement de négociations entre Luo, le narrateur et leur ami, détenteur de la valise pleine de livres interdits. Essuyant les refus, les amis décident de voler la valise, offrant au lecteur un moment assez drôle mais tout aussi prenant. C’est à partir de ce moment-là que Luo pense pouvoir changer la vie de la petite tailleuse chinoise. En effet, il croit que par les livres, il pourra faire d’elle une fille aussi belle qu’intellectuelle. Cette volonté va lui faire défaut, et c’est en lui lisant du Balzac amoureusement que le couple du titre du livre va naître.

Passant de l’amour adolescent à l’amour des livres, voué en secret pour ne pas éveiller les soupçons, ce trio devient très vite attachant. L’évocation timide et poétique de l’amour de jeunesse, ainsi que tous les autres sentiments existants dans un triangle amoureux (la jalousie, la frustration, l’envie…) rendent un peu plus touchante l’histoire. Ce sont tous ces éléments, mais surtout l’émancipation finale de la petite tailleuse (qui, à cause -ou grâce?- aux livres de Balzac, pense pouvoir devenir une femme de la ville) qui m’ont fait aimer ce livre et qui m’ont permis de me poser encore des questions une fois le roman fermé.

Que sont devenus Luo et le narrateur ?

Encore plus frustrant lorsqu’on se souvient que ces derniers ont dû quitter la ville de force, à cause de l’oppression, tandis que la petite tailleuse, elle, n’a jamais connu la vie en ville et part malgré tout…